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13 mars 2012 2 13 /03 /mars /2012 23:43

Lars Calmfors tire quatre leçons de l’expérience suédoise de consolidation budgétaire lors des années quatre-vingt-dix.

« Première leçon : une profonde crise budgétaire peut créer un consensus sur la discipline budgétaire. » La Suède entre en crise en 1991 et le niveau d’output diminuera trois années de suite. La dette publique augmente de 32 points de PIB entre 1990 et 1996. La crise fiscale entraîne un assez large consensus politique autour de la consolidation budgétaire. L’équilibre budgétaire devient prioritaire sur toute autre considération macroéconomique. Cela se traduit par une remarquable performance fiscale pour la Suède. Le ratio dette publique sur PIB diminue sensiblement pour s’établir en 2007 à un niveau inférieur à celui d’avant-crise et les conditions de financement de la dette publique s’en trouvent durablement assouplies.

« Deuxième leçon : les réformes fiscales d’ensemble accroissent les chances de succès. » Le consensus politique autour de la discipline budgétaire s’est traduit par l’adoption d’un cadre fiscal strict reposant sur cinq piliers : un processus budgétaire top-down (détermination du montant global des dépenses publiques, puis répartition de ce montant entre 27 postes de dépenses), une cible d’excédent primaire établie à 1 % du PIB au cours d’un cycle d’affaires (ce qui permet l’usage du budget comme instrument conjoncturel), un plafonnement des dépenses du gouvernement central, l’obligation d’équilibrer les budgets locaux et enfin un système de retraite fonctionnant par contributions déterminées.

« Troisième leçon : la transparence budgétaire importe davantage que l’imposition formelle. » L’excellente performance budgétaire de la Suède repose, non pas sur des règles budgétaires (telles que les règles européennes adoptées fin 2011 pour renforcer le PSC), mais sur une extrême transparence des finances publiques permettant d’informer au mieux le débat politique. Le gouvernement procède notamment à un suivi régulier des performances budgétaire et de l’évolution de la soutenabilité de l’endettement. Des agences indépendantes vérifient l’information et évaluent la robustesse des prévisions.

« Quatrième leçon : la croissance de l’output est cruciale. » La dépréciation du taux de change dans les années quatre-vingt-dix a stimulé les exportations et accéléré la croissance économique. Non seulement la demande globale a pu ainsi augmenter malgré la consolidation fiscale, mais cette dernière s’en trouva en retour grandement facilitée. Ensuite, des réformes structurelles (refondation du système fiscal, dérégulations des marchés et réformes du système de négociations salariales) ont accru le potentiel de croissance à long terme. Cette dernière se traduisit, d’une part, par une baisse du ratio de la dette publique sur le PIB et, d’autre part, par une plus grande marge de manœuvre pour procéder à d’éventuelles hausses des dépenses ou réductions fiscales sans déséquilibrer le Budget. Par contraste, l’existence d’une devise commune empêche les Etats-membres en crise de la zone euro de procéder rapidement à une dépréciation du taux de change pour rendre moins douloureuse la consolidation fiscale.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 23:30

Italian-debt.jpg

William R. Cline, en se basant sur ses propres simulations, estime dans une contribution sur le portail VoxEU.org que l’endettement public de l’Italie peut tout à fait être soutenable, même si les taux d’intérêt reviennent durablement aux niveaux élevés qu’ils avaient atteints fin 2011. Deux raisons laissent à penser que le ratio de la dette publique ne va pas connaître une incontrôlable spirale haussière. D’une part, l’Italie est susceptible de dégager un excédent primaire suffisamment important pour lui éviter d’avoir à emprunter davantage pour faire face à la charge de la dette. D’autre part, la maturité de la dette est relativement longue, donc seule une faible part de la dette doit être refinancée chaque année.

Par conséquent, non seulement les multiples appels fin 2011 à une restructuration de la dette publique italienne apparaissent peu justifiés puisque la solvabilité semble assurée, mais il est probable qu’une telle restructuration aurait entraîné des ruées bancaires et une nouvelle vague d’instabilité financière, ce qui se serait au final traduit par l’éclatement de la zone euro.

Malgré cette perspective optimiste quant à la soutenabilité de la dette italienne, Cline rappelle toutefois qu’une sévère crise de la liquidité reste probable, ce qui ne dément pas l’urgence de mettre en place un véhicule suffisamment puissant et crédible pour effectivement jouer le rôle de prêteur en dernier ressort. Dans cette optique, démultiplier la capacité financière du Fonds Européen de Stabilité Financière (FESF) et procéder à l’émission d’euro-obligations sont aux yeux de Cline deux impérieuses mesures pour renforcer la stabilité macro-financière en Europe.

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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 21:12

Jolie petite illustration par le CEPII de la montée des émergents et du déclin des pays de l’OCDE.

La Grande Récession s’était traduite par une brutale contraction des échanges mondiaux, mais la reprise est rapidement intervenue, avec une poursuite, voire une intensification des tendances lourdes qui étaient précédemment à l’œuvre. Ainsi, les pays en développement ont très rapidement retrouvé et dépassé leurs volumes d’exportations et d’importations de 2007, alors que les pays développés peinent encore à retrouver leurs niveaux d’avant-crise.

GRAPHIQUE  Evolution des exportations et importations (en volumes)

cepii.jpg
Source : CEPII, d’après les données du CPB World Trade Monitor                    

Les exportations et les importations des économies développées se sont respectivement accrues de 31 % et 21 % entre 2000 et 2011, tandis que les pays en développement ont vu leurs volumes d’exportations et d'importations augmenter respectivement de 133 % et 149 % sur la même période. Si le nouveau millénaire marque clairement le rattrapage des économies développées par les économies en développement, la crise de 2008 semble avoir accéléré le rythme de convergence. Ces tendances globales ne doivent pas occulter le fait que les pays en développement demeurent un ensemble disparate, aux taux de croissance différents, et que ce sont essentiellement les émergentes Chine et Inde qui gouvernent la dynamique d’ensemble.

La géographique mondiale de la croissance continue à se redessiner, finissant de brouiller la trop simple ligne de partage Nord-Sud. Le centre de gravité de l’économie-monde, après avoir traversé l’Atlantique, tend à se repositionner sur l’Asie dans un lent mais irrésistible mouvement vers l’ouest. L’actuel ralentissement de l’activité économique en Chine et en Inde pourrait toutefois un peu retarder le cours des événements…

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