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21 avril 2019 7 21 /04 /avril /2019 20:39

Clément CARBONNIER et Nathalie MOREL

Editions du Seuil, 2018.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En novembre dernier, les éditions La République des idées publiaient deux livres observant sous deux angles différents le creusement des inégalités ces dernières décennies : alors que Nicolas Frémeaux évoquait un « retour des héritiers », Clément Carbonnier et Nathalie Morel se penchaient de leur côté sur un « retour des domestiques » très souvent au service des premiers.

En effet, l’emploi domestique a décliné durant le vingtième siècle dans les pays développés, en conséquence de l’essor de l’électroménager et de l’industrie agroalimentaire (réduisant le temps nécessaire pour réaliser les tâches domestiques), de la réallocation de la main-d’œuvre féminine vers des activités plus valorisantes et de la baisse du pouvoir d’achat des bourgeois. Comme le diagnostiquent Carbonnier et Morel dans le premier chapitre de leur livre, les années quatre-vingt-dix marquent un retour de l’emploi domestique en France. Cette évolution s’explique par divers dispositifs fiscaux adoptés dès la fin des années quatre-vingt, ayant pour objectifs, d’une part, de répondre aux besoins de garde et de soins exprimés par les personnes âgées et par les familles avec de jeunes enfants (besoins qui ne manqueraient pas de s’accentuer avec le vieillissement démographique) et, d’autre part, de créer de nouveaux emplois dans le cadre de la lutte contre le chômage de masse.

Il s’agissait en particulier de créer des emplois pour les travailleurs peu qualifiés, ceux-là même qui sont les plus affectés par la désindustrialisation. Plusieurs analyses suggéraient un déficit d’emplois dans le tertiaire en France relativement à d’autres pays développés, dû à une réglementation excessive et à un coût du travail élevé [Piketty, 1998]. En outre, les nouvelles technologies semblent conduire à une polarisation de l’emploi : beaucoup de travailleurs moyennement qualifiés réalisent des tâches routinières, donc facilement automatisables, mais, comme ils ne peuvent prétendre aux emplois très qualifiés, ils sont relégués aux emplois peu qualifiés [Autor et Dorn, 2013]. Là aussi, les rigidités institutionnelles comme le salaire minimum, la protection sociale et la réglementation du marché des produits sont accusées de freiner cette réallocation de la main-d’œuvre [Albertini et alii, 2016]. Reprenant de tels diagnostics, la Commission européenne a elle-même promu le développement des services domestiques pour résorber le chômage et accroître le taux d’emploi de l’ensemble de la population en accroissant la demande de travail peu qualifié. Le développement même de ces services (notamment celui de la garde d’enfants) visait aussi à ce que les femmes, notamment les plus qualifiées, soient incitées à accroître leur offre de travail.

Nul autre pays européen ne subventionna autant le recours à de tels services que la France. Outre des dispositifs plus ciblés, une réduction d’impôt équivalente à 50 % du montant consacré aux achats de services domestiques fut introduite en 1991 et son plafond fut ensuite régulièrement relevé. En cherchant davantage à transformer les ménages en employeurs, le « plan Borloo » de 2005 visait à créer 500.000 emplois dans ce secteur en l’espace de trois ans. Il s’appuyait sur un rapport du CAE suggérant qu’« il suffirait que chaque ménage consomme trois heures de ces services par semaine pour créer environ deux millions de nouveaux emplois, c’est-à-dire pour résorber le chômage » [Cahuc et Debonneuil, 2004]. Cette politique s’est maintenue par la suite : en 2014, son coût s’élevait à 6,4 milliards d’euros : 70 % de ce montant correspond aux réductions d’impôts et 30 % à des réductions de cotisations sociales. Elle a très rapidement suscité des critiques, mais souvent en sourdine : elle est accusée d’alimenter les inégalités sociales, dans la mesure où les dispositifs fiscaux profitent surtout aux plus aisés. Ses partisans rétorquent qu’elle contribue à réduire les inégalités de genre. Mais ces débats ne portent que sur les inégalités du côté de la demande ; les inégalités du côté de l’offre sont longtemps restées ignorées.

Malgré ses promesses en termes d’emploi et son coût, cette politique n’a pas vraiment été évaluée. C’est une telle évaluation que Charbonnier et Morel se proposent de réaliser. Dans le deuxième chapitre de leur livre, ils se demandent dans quelle mesure cette politique a créé des emplois. L’ANSPE estime que 312.000 emplois ont été créés dans ce secteur entre 2005 et 2008, contre 108.000 selon l’INSEE. L’ANSPE estime qu’il y avait 1,9 millions d’emploi dans ce secteur en 2007, contre 1,2 millions (soit environ 5,5 % de l’emploi total) selon l’INSEE. Ces écarts dans les estimations s’expliquent en partie par les difficultés, d’une part, à cerner le périmètre de ces activités et, d’autre part, à définir ce qui constitue ou non un emploi. Dans tous les cas, le nombre d’emplois créés a été bien inférieur à celui qui était attendu et les effets d’aubaine ont été importants, pour un coût par emploi créé énorme [Carbonnier, 2015]

Carbonnier et Morel soulignent ensuite à quel point la qualité de ces emplois est dégradée : un accès restreint à la protection sociale, une forte pénibilité, l’absence de formation, l’absence d’évolution de carrière, etc. Cette situation résulte en partie des politiques publiques, puisque ces dernières ont initialement cherché à favoriser le régime du particulier employeur. Cela se traduit en France par une forte fracture entre des salariés effectuant les mêmes tâches. Loin d’être un sas vers d’autres emplois, ce type d’emplois tend à enfermer ceux qui les occupent. La fragmentation de la main-d’œuvre et l’absence de lieux de travail communs se traduisent par une syndicalisation résiduelle et un faible pouvoir de négociation face aux employeurs. Les salaires mensuels sont faibles, notamment parce que le temps de travail est très partiel et les horaires fragmentés entre plusieurs employeurs. La mauvaise qualité de ces emplois résulte aussi de la faible valeur symbolique accordée à ces activités : elles sont considérées comme peu productives et comme ne nécessitant pas de qualifications particulières, si ce n’est des compétences perçues comme « naturelles ». Le fait que les femmes et, parmi celles-ci, les femmes d’origine étrangère soient surreprésentées dans ces emplois contribue à dévaloriser ces derniers. Les dispositifs fiscaux cherchaient notamment à « activer » les femmes ; ils ont créé un « sous-prolétariat féminin » qui ne peut vivre sans minima sociaux [Gadrey, 2009].

Dans un troisième chapitre, Carbonnier et Morel cherchent à déterminer quel est l’impact redistributif de ces dispositifs et s'ils répondent (comme ils s’en donnent l’objectif) aux besoins sociaux que constituent la prise en charge des personnes dépendantes et la garde des jeunes enfants. Le profil distributif du crédit d’impôt dépend de la consommation des services domestiques, or cette dernière est elle-même fonction du revenu [Carbonnier, 2009]. Les ménages aisés y ont recours plus fréquemment et pour des montants plus importants. La subvention par un crédit d’impôt est donc très régressive. Il faut avancer le coût des services et celui-ci, même après crédit d’impôt, reste trop élevé pour les plus modestes. De plus, les dispositifs fiscaux subventionnent en grande partie des services de confort pour les plus riches : seulement 46 % des heures de services à la personne sont des heures de garde d’enfant ou d’aide à domicile pour des personnes âgées ou handicapées ; le reste regroupe des activités comme le ménage et le repassage de personnes valides, le jardinage, le bricolage, etc. Certes, la moitié des ménages qui ont recours aux services à domicile ont plus de 70 ans, mais il s’agit quasi exclusivement de personnes fortunées. De plus, en subventionnant seulement la demande et non l’offre, les pouvoirs publics ont réduit leur capacité d’agir sur la qualité des services proposés. Ils n’ont contrôlent pas non plus la répartition géographiques : ces services se sont naturellement développés en ville. Au final, c’est bien l’égalité d’accès à ces services qui n’est pas assurée.

C’est en particulier le cas pour la garde d’enfants, qui est l’une des plus inégalitaires en Europe et qui contribue par là à entretenir une dualisation parmi les femmes : en bénéficiant des services domestiques, ce sont essentiellement les plus aisées qui peuvent consacrer davantage de temps aussi bien à un travail plus rémunérateur qu’à leur vie familiale et aux loisirs. Il y a alors un véritable « transfert de la charge des tâches domestiques des femmes les plus qualifiées vers les femmes les moins qualifiées », conduisant à remplacer les « inégalités de genre au sein des couples les plus aisées par des inégalités entre femmes de différentes catégories socioprofessionnelles ». Or, comme le démontre l’exemple des pays nordiques (notamment avec les congés parentaux), cette situation est façonnée par les politiques publiques et peut donc être rectifiée par celles-ci.

Face au creusement des inégalités et au chômage des peu qualifiés, la stratégie des gouvernements français, en parallèle au subventionnement des emplois domestiques, a consisté à accroître le salaire minimum tout en allégeant les cotisations sociales à ce niveau. Cette stratégie entretient de mauvaises conditions de travail et de faibles salaires ; elle est très coûteuse ; elle n'a pas endigué le chômage des peu qualifiés. Carbonnier et Morel proposent des alternatives dans un quatrième et dernière chapitre. Ils rappellent que les pays scandinaves ont réussi à maintenir des niveaux élevés de salaire minimum, de prélèvements obligatoires et de taux d’emploi, notamment en investissant massivement dans l’éducation [Kleven, 2014]. Or, en France, les secteurs de l’éducation et de la santé restent sous-développés. Les développer permettrait de créer des emplois qualifiés vers lesquels pourraient se reclasser les travailleurs subissant les contrecoups de la mondialisation et du progrès technique. Accroître les ressources allouées à l’école permettrait à celle-ci de devenir plus efficace et de mieux jouer son rôle d’ascenseur social. Accroître les capacités d’accueil collectif des enfants en bas âge, notamment les crèches, permettrait non seulement de stimuler l’offre de travail des femmes, mais aussi de réduire les inégalités scolaires. Surtout, il est possible d'accroître l'emploi en réallouant une partie (l’équivalent de 26 milliards d’euros) des dépenses consacrées aux subventions d’emplois domestiques et autres allègements de cotisations sociales pour directement financer des services sociaux [Carbonnier et alii, 2014]

 

Références

ALBERTINI, Julien, Jean-Olivier HAIRAULT, François LANGOT & Thepthida SOPRASEUTH (2016), « Emploi agrégé, polarisation des emplois et inégalités de salaire : une comparaison transatlantique », in Revue française d'économie, vol. XXXI.

AUTOR, David H., & David DORN (2013), « The growth of low-skill service jobsand the polarization of the US labor market », in American Economic Review, vol. 103, n° 5.

CAHUC, Pierre, & Michèle DEBONNEUIL (2004), Productivité et emploi dans le tertiaire, rapport du CAE, n° 49.

CARBONNIER, Clément (2009), « Réduction et crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile, conséquences incitatives et redistributives », in INSEE, Economie et Statistique, n° 427-428.

CARBONNIER, Clément (2015), « Efficacité et équité des aides pour l’emploi d’un salarié à domicile. Analyse des évaluations empiriques sur la réduction/crédit d’impôt entre 1991 et 2007 », in Travail et Emploi, n° 143.

CARBONNIER, Clément, Bruno PALIER & Michaël ZEMMOUR (2014), « Exonérations ou investissement social ? Une évaluation du coût d’opportunité de la stratégie française pour l’emploi », LIEPP, working paper, n° 34.

GADREY, Jean (2009), « L'institutionnalisation du "précariat" féminin subventionné », in Travail, Genre et Sociétés, n° 22.

KLEVEN, Henrik Jacobsen (2014), « How can Scandinavians tax so much? », in Journal of Economic Perspectives, vol. n°4, automne.

PIKETTY, Thomas (1998), « L'emploi dans les services en France et aux États-Unis : une analyse structurelle sur longue période », in INSEE, Economie et Statistique, n° 318.

 

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17 avril 2019 3 17 /04 /avril /2019 22:10
Pourquoi les entreprises américaines sont-elles moins dynamiques ?

Plusieurs études ont récemment suggéré que le dynamisme des entreprises américaines s’est essoufflé ces dernières décennies. Ufuk Akcigit et Sina Ates (2019a, 2019b) ont compilé dix faits stylisés amenant à établir un tel diagnostic : (i) la concentration des marchés s’est accentuée [Gutiérrez et Philippon, 2016 ; Autor et alii, 2017] ; (ii) les taux de marge moyens se sont accrus, ce qui suggère que les entreprises jouissent d’un plus fort pouvoir de marché [Barkai, 2017 ; De Loecker et Eeckhout, 2017] ; (iii) la part des profits dans le PIB a augmenté, mais l’investissement est faible [Gutiérrez et Philippon, 2016] ; (iv) la part du travail dans la production a diminué [Elsby et alii, 2013] ; (v) la hausse de la concentration des marchés et la baisse de la part du travail sont positivement associées l’une à l’autre [Barkai, 2017 ; Autor et alii, 2017] ; (vi) l’écart en termes de productivité du travail entre les firmes à la frontière et les firmes en retard s’est creusé [Andrews et alii, 2016] ; (vii) le taux de créations d’entreprises a diminué et, dans une moindre mesure, le taux de destructions d’entreprises également [Decker et alii, 2016] (cf. graphique 1) ; (viii) la part des nouvelles entreprises dans l’activité économique a décliné [Decker et alii, 2016] ; (ix) la réallocation des emplois, mesurée par les flux de créations et de destructions d’emplois, a ralenti (cf. graphique 2), ce qui peut se traduire par un allongement de la durée du chômage, par de plus mauvais appariements entre travailleurs et emplois et par un ralentissement de la croissance de la productivité et des salaires [Davis et Haltiwanger, 2014 ; Decker et alii, 2016] ; (x) la dispersion des taux de croissance des firmes s’est réduite, notamment parce que les nouvelles entreprises (les plus performantes) croissent moins vite (1).

GRAPHIQUE 1  Dynamisme des entreprises américaines (en %)

source : Furman et Orszag (2018)

Au final, il apparaît que les entreprises américaines sont plus vieilles et plus grosses que par le passé, ce qui n’est pas sans pénaliser l’ensemble de l’économie. Ces diverses dynamiques tendent à freiner la croissance de la productivité et ainsi la croissance économique. Parce que les travailleurs ont moins d’opportunités pour changer d’entreprises, le rapport de force se tourne en faveur des employeurs. Parce que la croissance de la productivité ralentit et que les travailleurs perdent de leur pouvoir de négociation, les salaires sont poussés à la baisse, en particulier pour les moins qualifiés. Et parce que les entreprises bénéficient d’un plus fort pouvoir de marché et que les salaires sont poussés à la baisse, cela tend à creuser les inégalités de revenu [Furman et Orszag, 2018]

GRAPHIQUE 2  Dynamisme du marché du travail américain (en %)

source : Furman et Orszag (2018)

Akcigit et Ates ne se sont pas contentés de diagnostiquer un manque de dynamisme ; ils ont passé en revue les différentes raisons susceptibles d’explique celui-ci. Ils identifient tout d’abord toute une littérature mettant l’accent sur des changements structurels. Par exemple, Fatih Karahan et alii (2018) affirment que le changement démographique, notamment le retrait des baby-boomers de la vie active, explique l’essoufflement de l’entrepreneuriat américain. Robert Gordon (2012) suggère quant à lui que l’économie américaine a épuisé son potentiel d’innovations, un constat que tendent à rejoindre Nicholas Bloom et alii (2017) en notant que les efforts de recherche ont beau augmenter, leur productivité diminue. 

En se focalisant sur la déformation du partage de la valeur ajoutée au détriment du travail, certaines études ont mis en avant l’importance des « firmes superstars », c’est-à-dire d’entreprises qui dominent les secteurs où elles opèrent et qui concentrent une part croissante de l’activité économique. Par exemple, David Autor et alii (2017) ont montré que la concentration des marchés des produits s’est accentuée au cours des dernières décennies et que les secteurs où les ventes sont les plus concentrées sont ceux qui ont connu les plus fortes baisses de la part du travail. En outre, leur analyse suggère que la concentration associée aux firmes superstars était plus prononcée dans les secteurs où « le gagnant rafle tout » (winner-takes-all). En réalisant des comparaisons internationales, Frederico Diez et alii (2018) constatent que le pouvoir de marché des firmes superstars augmente et s’avère négativement corrélé avec la part du travail.

La plus forte concentration des marchés des produits pourrait également s’expliquer par la nature des récentes innovations et par l’importance croissante des données et du savoir tacite dans les processus productifs. Ces changements contribueraient tout particulièrement aux entreprises les plus grosses, notamment plus à même de collecter des données, ce qui freinerait la diffusion des innovations des entreprises à la frontière technologique vers les autres entreprises. David Autor et alii mettent en évidence une corrélation négative entre la concentration des secteurs et le ralentissement de la diffusion des technologies, lorsqu’ils mesurent celle-ci avec la vitesse des citations de brevets. De leur côté, Gustavo Grullon et alii (2017) constatent que les entreprises américaines dans les secteurs les plus concentrés tendent à posséder davantage de brevets, ce qui suggère la présence de plus fortes barrières à l’entrée de ces secteurs.

Enfin, beaucoup ont suggéré que la réglementation a freiné la concurrence ou ralenti la diffusion des technologies entre les entreprises, provoquant par là une plus forte concentration des marchés. Andrews et alii (2016) estiment que le manque de réformes de libéralisation dans le secteur du commerce de détail a contribué à creuser l’écart en termes de productivités entre les entreprises à la frontière technologique et les autres. Grullon et alii mettent en avant des preuves empiriques suggérant que la réglementation antitrust est appliquée de façon plus laxiste aux Etats-Unis. Germán Gutiérrez et Thomas Philippon (2018) estiment d’ailleurs que les marchés des produits européens sont désormais bien plus concurrentiels que les marchés américains, ce qui expliquerait pour la concentration et le pouvoir de marché des entreprises sont bien plus faibles en Europe qu’aux Etats-Unis. 

 

(1) Plusieurs de ces tendances ne sont toutefois pas propres aux Etats-Unis et sont également observées dans d’autres pays développés ; c’est par exemple le cas pour la hausse des taux de marge, la déformation du partage de la valeur ajoutée au détriment du travail, le creusement des écarts de productivité entre les firmes et le recul des nouvelles entreprises dans l’activité économique.

 

Références

AKCIGIT, Ufuk, & Sina T. ATES (2019a), « Ten facts on declining business dynamism and lessons from endogenous growth theory », NBER, working paper, n° 25755.

AKCIGIT, Ufuk, & Sina T. ATES (2019b), « What happened to U.S. business dynamism? », NBER, working paper, n° 25756.

ANDREWS, Dan, Chiara CRISCUOLO & Peter N. GAL (2016), « The best versus the rest: The global productivity slowdown, divergence across firms and the role of public policy », OCDE, productivity working paper, n° 5.

AUTOR, David, David DORN, Lawrence F. KATZ, Christina PATTERSON & John VAN REENEN (2017), « The fall of the labor share and the rise of superstar firms », NBER, working paper, n° 23396.

BARKAI, Simcha (2016), « Declining labor and capital shares », Université de Chicago, document de travail.

BLOOM, Nicholas, Charles I. JONES, John Van REENEN & Michael WEBB (2017), « Are ideas getting harder to find? », CEP, discussion paper, n° 1496, septembre.

DAVIS, Steven J., & John HALTIWANGER (2014), « Labor market fluidity and economic performance », NBER, working paper, n° 20479.

DE LOECKER, Jan, & Jan EECKHOUT (2017), « The rise of market power and the macroeconomic implications », NBER, working paper, n° 23687, août.

DECKER, Ryan A., John HALTIWANGER, Ron S. JARMIN & Javier MIRANDA (2016), « Declining business dynamism: What we know and the way forward », in American Economic Review: Papers & Proceedings, vol. 106, n° 5.

DÍEZ, Federico J., Daniel LEIGH & Suchanan TAMBUNLERTCHAI (2018), « Global market power and its macroeconomic implications », FMI, working paper, n° 18/137, juin.

EGGERTSSON, Gauti B., Jacob A. ROBBINS & Ella Getz WOLD (2018), « Kaldor and Piketty's facts: The rise of monopoly power in the United States », NBER, working paper, n° 24287, février.

ELSBY, Michael W.L., Bart HOBIJN & Aysegul ŞAHIN (2013), « The decline of the U.S. labor share », Federal Reserve Bank of San Francisco, working paper, n° 2013-27.

FURMAN, Jason, & Peter ORSZAG (2018), « Slower productivity and higher inequality: Are they related? », PIIE, working paper, n° 18-4.

GORDON, Robert J. (2012), « Is U.S. economic growth over? Faltering innovation confronts the six headwinds », NBER, working paper, n° 18315, août.

GRULLON, Gustavo, Yelena LARKIN & Roni MICHAELY (2017), « Are U.S. industries becoming more concentrated? ».

GUTIÉRREZ, Germán, & Thomas PHILIPPON (2016), « Investment-less growth: An empirical investigation », NBER, working paper, n° 22897.

GUTIERREZ, Germán, & Thomas PHILIPPON (2018), « How EU markets became more competitive than US markets: A study of institutional drift », NBER, working paper, n° 24700, juin.

KARAHAN, Fatih, Benjamin PUGSLEY & Ayşegül ŞAHIN (2018), « Demographic origins of the startup deficit », New York Fed.

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