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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 21:12

Jolie petite illustration par le CEPII de la montée des émergents et du déclin des pays de l’OCDE.

La Grande Récession s’était traduite par une brutale contraction des échanges mondiaux, mais la reprise est rapidement intervenue, avec une poursuite, voire une intensification des tendances lourdes qui étaient précédemment à l’œuvre. Ainsi, les pays en développement ont très rapidement retrouvé et dépassé leurs volumes d’exportations et d’importations de 2007, alors que les pays développés peinent encore à retrouver leurs niveaux d’avant-crise.

GRAPHIQUE  Evolution des exportations et importations (en volumes)

cepii.jpg
Source : CEPII, d’après les données du CPB World Trade Monitor                    

Les exportations et les importations des économies développées se sont respectivement accrues de 31 % et 21 % entre 2000 et 2011, tandis que les pays en développement ont vu leurs volumes d’exportations et d'importations augmenter respectivement de 133 % et 149 % sur la même période. Si le nouveau millénaire marque clairement le rattrapage des économies développées par les économies en développement, la crise de 2008 semble avoir accéléré le rythme de convergence. Ces tendances globales ne doivent pas occulter le fait que les pays en développement demeurent un ensemble disparate, aux taux de croissance différents, et que ce sont essentiellement les émergentes Chine et Inde qui gouvernent la dynamique d’ensemble.

La géographique mondiale de la croissance continue à se redessiner, finissant de brouiller la trop simple ligne de partage Nord-Sud. Le centre de gravité de l’économie-monde, après avoir traversé l’Atlantique, tend à se repositionner sur l’Asie dans un lent mais irrésistible mouvement vers l’ouest. L’actuel ralentissement de l’activité économique en Chine et en Inde pourrait toutefois un peu retarder le cours des événements…

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 19:54

Suite à la restructuration sans précédent de dette souveraine conclue hier, Paolo Manasse tire deux enseignements de la gestion européenne de la crise grecque (« Two lessons from the Greek Crisis »).

Tout d’abord, indéniablement, « le retard est coûteux ». Il fallut au final attendre quatre ans pour qu’un plan de restructuration de la dette grecque voit enfin le jour. Durant ce laps de temps, la Grèce a connu une puissante contraction de son activité économique et une envolée de sa dette publique, deux événements qui, non seulement auraient été d’une moindre ampleur avec une restructuration immédiate, mais pèsent sur la pérennité de la solution adoptée cette semaine. Les politiques imposées par les créanciers n’ont qu’aggravé la situation. L’Europe apparaît comme la principale responsable dans cet atermoiement.

Ensuite, « plus d’Europe » ne constitue pas forcément une solution. La réponse européenne à la situation grecque fut la création de nouvelles institutions ad hoc (telles que le Fonds Européen de Stabilité Financière ou le Mécanisme Européen de Stabilité), insuffisamment financées, desservies par des règles contre-efficaces (par exemple les prises de décisions soumises au principe d’unanimité) et disposées à ne fournir leur aide qu’en la fractionnant en tranches. La création de ces nouvelles institutions se traduisit par un assujettissement des décisions techniques aux autorités publiques nationales et l’apparition de multiples conflits d’intérêts (que ce soit entre les banques et les contribuables européens ou entre les Etats-membres créditeurs et les Etats-membres débiteurs), qui eurent ainsi pour conséquences de retarder inutilement la restructuration de la dette grecque et d’amplifier dangereusement le risque d’une contagion de la crise au reste de la périphérie européenne.

Finalement, si le fédéralisme budgétaire au niveau de la zone euro est préférable à la multiplicité budgétaire, ces dernières années montrent que toute réforme ou innovation institutionnelle (telle que la création du FESF ou l’hypothétique émission d’euro-obligations) visant à passer du second cadre institutionnel au premier, ou du moins de s’en rapprocher, peut susciter davantage d’effets pervers que de gains pour la zone euro. Les configurations institutionnelles intermédiaires sont moins efficaces que les configurations extrêmes. En d’autres termes, tant que l’Union européenne s’attardera dans une configuration institutionnelle indéterminée, bâtarde, elle n’aura le choix qu’entre multiplier les décisions inadéquates et adopter un attentisme aggravateur.

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