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28 décembre 2020 1 28 /12 /décembre /2020 08:00
Quel est l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur la productivité ?

Les répercussions économique de l’épidémie de Covid-19 font déjà l’objet d’une importante littérature, théorique comme empirique. A court terme, la pandémie génère une série de chocs d’offre et de demande négatifs : les individus réduisent leur offre de travail et consomment moins, ne serait-ce parce qu’ils réduisent leurs interactions physiques pour éviter de tomber malades ou d’infecter les autres [Eichenbaum et alii, 2020 ; Baqaee et Farhi, 2020]. Les individus optant en partie volontairement pour la distanciation physique, ces effets se manifestent même en l’absence de mesures de confinement [Aum et alii, 2020]. Plusieurs études empiriques suggèrent que les chocs de demande tendent à dominer les chocs d’offre, du moins à très court terme [Balleer et alii, 2020]. Même si l’épidémie et les mesures adoptées par les autorités en vue de la contenir se traduisaient essentiellement par un choc d’offre pour certains secteurs de l’économie, celui-ci peut facilement dégrader la demande dans les autres secteurs ce qui amplifie la contraction de l’activité, notamment avec la multiplication des faillites d’entreprises et la hausse du taux de chômage [Guerrieri et alii, 2020].

A plus long terme, la pandémie de Covid-19 risque d’avoir des effets durables sur l’économie, comme le suggèrent les précédentes pandémies qui ont marqué l’Histoire. Oscar Jordà et alii (2020) ont en effet noté que les taux de rendement sur les actifs restaient faibles plusieurs décennies après chaque grande pandémie. En effet, les épidémies, contrairement aux guerres, ne détruisent pas le stock de capital, ce qui réduit les incitations des entreprises à investir ; d’autre part, les populations pourraient tendre à davantage épargner, pour un motif de précaution. Autrement dit, non seulement l’intervention publique semble nécessaire en raison du sous-investissement et de l’excès d’épargne, mais en outre cette dernière facilite son financement par endettement en maintenant les taux d'intérêt à un faible niveau.

Afin de mieux saisir les répercussions économiques de l’épidémie de Covid-19, Nicholas Bloom, Philip Bunn, Paul Mizen, Pawel Smietanka et Gregory Thwaites (2020a) ont analysé son impact sur la productivité au Royaume-Uni en utilisant les données tirées du Decision Maker Panel, une vaste enquête menée auprès de milliers d’entreprises. Leurs estimations suggèrent que l’épidémie de Covid-19 devrait réduire la productivité globale des facteurs dans le secteur privé d’environ 3 % en moyenne entre le deuxième trimestre 2020 et le deuxième trimestre 2021, relativement à ce qu’elle aurait été sinon, et d’environ 1 % en 2022 et au-delà (cf. graphique 1). C’est au quatrième trimestre 2020 qu’elle atteindrait son creux, en baissant alors de 5 %. En l’occurrence, les entreprises anticipent une forte réduction de la productivité au sein de l’entreprise, essentiellement parce qu’elles s’attendent à ce que les mesures visant à contenir l’épidémie accroissent le coût des consommations intermédiaires.

GRAPHIQUE 1  Impact de la pandémie de Covid-19 sur les mesures de productivité au Royaume-Uni (en %, relativement au scénario de base)

Quel est l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur la productivité ?

source : Bloom et alii (2020a)

L’effet négatif sur la productivité au sein des entreprises est en partie compensé par un effet positif au niveau de l’ensemble des entreprises, dans la mesure où les secteurs à faible productivité et les firmes les moins productives parmi eux sont disproportionnellement affectées par l’épidémie de Covid-19 et contribuent par conséquent à une part moins importante de l’économie. Par conséquent, la pandémie devrait réduire la productivité globale des facteurs d’environ 0,7 % à moyen terme. 

L’impact positif sur la productivité que Bloom et ses coauteurs décèlent au niveau de l’ensemble des entreprises suggère-t-il que l’épidémie de Covid-19 alimente un processus schumpétérien de destruction créatrice ? En l’occurrence, les firmes présentant la plus faible productivité disparaissent-elles en étant remplacées par des entreprises plus productives ? C’est en partie le cas, mais seulement en partie. En effet, l’économie connaît pour l’essentiel une simple destruction des secteurs présentant une faible productivité. Des secteurs comme ceux de l’hébergement, de la restauration, du voyage et des loisirs se sont fortement contractés, mais les autres secteurs n’ont connu qu’une expansion limitée, ce qui empêche une réallocation des facteurs, notamment des travailleurs, vers les secteurs en expansion. Finalement, la productivité moyenne a augmenté, mais la production totale a décliné.

GRAPHIQUE 2  Dépenses d’investissement en recherche d’investissement au Royaume-Uni (à prix constants, en indices, base 100 en 2018)

Quel est l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur la productivité ?

source : Bloom et alii (2020a)

Bloom et ses coauteurs estiment que l’épidémie freinera la croissance de la productivité à plus long terme. Tout d’abord, les entreprises ont fortement réduit leurs dépenses en recherche-développement (cf. graphique 2). Quant aux efforts de recherche-développement, ceux-ci risquent d’être moins efficaces qu’habituellement, dans la mesure où les scientifiques et les ingénieurs peuvent moins accéder physiquement aux équipements. D’autre part, l’épidémie a été très chronophage pour les dirigeants : ces derniers ont consacré un tiers de leur temps à gestion de la pandémie, un temps qu’ils n’ont donc pas pu consacrer à des activités améliorant la productivité à long terme, notamment les projets d'innovation. Autrement dit, les effets de l'épidémie risquent de se conjuguer à ceux de tendances de plus long terme pour freiner le progrès technique [Gordon, 2012 ; Bloom et alii, 2020b]. Les effets de la pandémie sont en partie pris en compte par les entreprises lorsque celles-ci anticipent que la productivité globale des facteurs sera à moyen terme inférieure de 1 % à ce qu’elle aurait été sinon, mais Bloom et ses coauteurs craignent qu’ils ne se soient pour l’heure qu’en partie manifestés.

 

Références

AGHION, Philippe (2020), « Le Covid amplifie la destruction créatrice », in Les Echos, 16 décembre.

AUM, Sangmin, Sang Yoon (Tim) LEE, Yongseok SHIN (2020), « COVID-19 doesn't need lockdowns to destroy jobs: The effect of local outbreaks in Korea », NBER, working paper, n° 27264.

BALLEER, Almut, Sebastian LINK, Manuel MENKHOFF & Peter ZORN (2020), « Demand or supply? Price adjustment during the Covid-19 pandemic », in CEPR, Covid Economics: Vetted and Real-Time Papers, n° 31.

BAQAEE, David, & Emmanuel FARHI (2020), « Supply and demand in disaggregated Keynesian economies with an application to the Covid-19 crisis », NBER, working paper, n° 27152.

BLOOM, Nicholas, Philip BUNN, Paul MIZEN, Pawel SMIETANKA & Gregory THWAITES (2020), « The impact of Covid-19 on productivity », Banque d’Angleterre, staff working paper, n° 900.

BLOOM, Nicholas, Charles I. JONES, John Van REENEN & Michael WEBB (2020), « Are ideas getting harder to find? », in American Economic Review.

EICHENBAUM, Martin, Serigio REBELO & Mathias TRABANDT (2020), « The macroeconomics of epidemics », NBER, working paper, n° 26882.

GORDON, Robert (2012), « Is US economic growth over? Faltering innovation confronts the six headwinds », CEPR, policy insight, n° 63.

GUERRIERI, Veronica, Guido LORENZONI, Ludwig STRAUB & Iván WERNING (2020), « Macroeconomic implications of COVID-19: Can negative supply shocks cause demand shortages? », NBER, working paper, n° 26918.

JORDÀ, Oscar, Sanjay R. SINGH & Alan M. TAYLOR (2020), « Longer-run economic consequences of pandemics », Federal Reserve Bank of San Francisco, working paper, n° 2020-09.

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21 décembre 2020 1 21 /12 /décembre /2020 15:33
Nicholas Orchard/Hans Lucas via AFP

Nicholas Orchard/Hans Lucas via AFP

L’une des mesures prises par les autorités à travers le monde pour freiner la propagation de l’épidémie de Covid-19 et éviter une saturation totale des systèmes hospitaliers a été de fermer les établissements scolaires. En avril, 192 pays avaient fermé toutes leurs écoles, ce qui avait forcé 1,5 milliard d’élèves à travers le monde à rester chez eux. Au début de ce mois de décembre, un écolier sur cinq dans le monde était touché par la fermeture de sa classe, d’après les Nations Unies.

Ces fermetures d'écoles sont encore trop récentes pour que les chercheurs aient pu pleinement évaluer leurs effets. La littérature existante a toutefois bien montré que les fermetures d’écoles et l’absentéisme scolaire dégradent les performances scolaires des élèves [Marcotte, 2007 ; Marcotte et Hemelt, 2008 ; Goodman, 2014 ; Aucejo et Romano, 2016 ; Gershenson et alii, 2017 ; Jaume et Willén, 2019]. Elles suggèrent également que ceux-ci ont un impact significatif sur la trajectoire professionnelle ultérieure. D’après la littérature développée autour de l’« équation de Mincer » (1974), chaque année d’études supplémentaires accroîtrait les revenus futurs d’environ 9 %. Ainsi, certaines estimations suggèrent que si un étudiant perd environ un tiers d’une année scolaire, il connaîtra une perte de revenu d’environ 3 % en moyenne sur l’ensemble de sa vie active [Hanushek et Woessmann, 2020]. L’expérience naturelle qu’a constituée la Seconde Guerre mondiale montre que l’absence de scolarisation continue d’exercer ses effets plusieurs décennies après [Ichino et Winter-Ebmer, 2004]. Les coûts ne seront pas qu’individuels : si le potentiel de croissance des économies tient étroitement au stock de capital humain de leurs résidents [Égert et alii, 2020], celui-ci ne manquera pas de s’en trouver dégradé. Et bien sûr, les coûts ne sont pas qu’économiques : les élèves subissent une perte de bien-être immédiate, perdent en sociabilité, souffrent davantage d’isolement, de dommages psychologiques, etc.

Les rares études dont nous disposons pour l’heure quant à l’impact des fermetures d’écoles confirment que celles-ci ont bien dégradé les performances scolaires des élèves [Chetty et alii, 2020], précisément parce qu’elles ont privé les élèves d’une grande partie de leurs interactions, notamment physiques, avec leurs professeurs [Chetty et alii, 2014]. La fermeture des écoles lors du printemps amputerait déjà les rémunérations qui seront perçues sur l’ensemble de la carrière de l’équivalent de 2.833 dollars dans les pays à faible revenu, de 6.777 dollars dans les pays à revenu intermédiaire et de 21.158 dollars dans les pays à haut revenu [Psacharopoulos et alii, 2020]. Elle peut se révéler particulièrement désastreuse à long terme pour les populations des pays pauvres, notamment face aux autres épidémies : la scolarisation y joue un rôle crucial pour diffuser les bonnes pratiques en matière de santé.

Au sein de chaque pays, la dégradation des performances scolaires n’a pas été uniforme d’un milieu social à l’autre. Les études disponibles montrent que les élèves des familles les plus modestes en sont davantage pénalisés que ceux issus de familles plus aisées ; c’est le cas de l’étude d'Alison Andrew et alii (2020), d’Elisabeth Grewenig et alii (2020), d’Andrew Bacher-Hicks et alii (2020) ou encore de Joana Maldonado et Kristof De Witte (2020) portant respectivement sur les élèves anglais, allemands, américains et belges. Ce sont les élèves de milieux modestes qui ont le plus réduit le temps quotidien consacré aux activités éducatives. Non seulement ils tendent à avoir moins de ressources matérielles que les élèves de milieux plus aisés pour suivre les cours en ligne, mais ils souffrent également du moindre engagement et du moindre niveau scolaire de leurs parents pour les motiver et pour les aider. Autrement dit, les inégalités dans l’accès au numérique sont très loin d’expliquer les écarts dans le suivi des cours à distance. Par conséquent, non seulement les élèves de milieux modestes pourraient voir leurs difficultés s’accentuer dans la suite de leur scolarité, mais en conséquence les inégalités dans l’accès à l’emploi et en termes de salaires pourraient ultérieurement se creuser davantage. L’impact sur la scolarisation pourrait finalement être l’un des canaux via lesquels les pandémies tendent à creuser les inégalités de revenu à long terme [Furceri et alii, 2020].

Depuis le début de l’épidémie de Covid-19 beaucoup, notamment parmi les économistes, ont cherché à dresser des parallèles entre celle-ci et la grippe espagnole en 1918-1919. Il y a un siècle, de nombreux établissements scolaires avaient été fermés pour contenir la propagation de la pandémie. Philipp Ager, Katherine Eriksson, Ezra Karger, Peter Nencka et Melissa Thomasson (2020) ont alors cherché à déterminer les répercussions des fermetures d’écoles aux Etats-Unis en 1918-1919 en se penchant sur celles de 168 des plus grosses villes américaines de l’époque.

Ager et ses coauteurs n’ont tout d’abord décelé aucun effet significatif de la fermeture des écoles en 1918-1919 sur la fréquentation des établissements scolaires en 1919-1920. Ils n’ont pas non plus observé d’hétérogénéité dans leurs résultats selon la profession des parents ou le sexe et l’origine ethnique des élèves. Ensuite, ils ont étudié les données du recensement de 1940 pour déterminer quel impact à long terme ces fermetures d’écoles ont pu avoir sur la trajectoire des élèves qui les fréquentaient. Ils n’ont pas décelé d’impact sur le niveau de diplôme, le salaire, le revenu non salarial et le nombre d’heures travaillées en 1940. A nouveau, ils n’ont pas non plus observé d’hétérogénéité dans leurs résultats selon les caractéristiques sociodémographiques des élèves. Par conséquent, la pandémie a pu affecter la performance scolaire immédiate des étudiants en 1918-1919, mais les fermetures d’écoles ne semblent pas avoir eu d’effets significatifs à long terme sur les diverses variables étudiées.

Les constats tirées de cette étude ne peuvent pleinement nous rassurer, tant, comme Ager et ses coauteurs ne manquent pas de le noter, il y a de grandes différences entre ces deux épisodes pandémiques. En effet, les écoles ont été fermées bien moins longtemps en 1918-1919 qu'elles ne l'ont été au cours de cette année. Dans les villes américaines qu’Ager et alii observent, les écoles ont été fermées pendant 36 jours en moyenne et plusieurs villes décidèrent de rattraper en allongeant l’année scolaire. En outre, l’épidémie de grippe espagnole s’est révélée bien plus mortelle pour les plus jeunes, ce qui a favorisé les comportements de distanciation physique de leur part et notamment l’absentéisme scolaire : beaucoup d’élèves sont restés chez eux, indépendamment des décisions prises par les autorités quant à l’ouverture de leur établissement scolaire. Enfin, le fait qu’il n’y avait pas de possibilités de faire des cours à distance il y a un siècle a réduit la propension des fermetures d’écoles lors de l’épidémie de grippe espagnole à creuser les inégalités sociales, tout d’abord en termes de réussite scolaire.

 

Références

AGER, Philipp, Katherine ERIKSSON, Ezra KARGER, Peter NENCKA & Melissa A. Thomasson (2020), « School closures during the 1918 flu pandemic », NBER, working paper, n° 28246.

Agostinelli, Francesco, Matthias Doepke, Giuseppe Sorrenti & Fabrizio Zilibotti (2020), « When the Great Equalizer shuts down: Schools, peers, and parents in pandemic times », IZA, discussion paper, n° 13965.

Andrew, Alison, Sarah Cattan, Monica Costa Dias, Christine Farquharson, Lucy Kraftman, Sonya Krutikova, Angus Phimister & Almudena Sevilla (2020), « Inequalities in children’s experiences of home learning during the COVID-19 lockdown in England », in Fiscal Studies, vol. 41, n° 3.

AUCEJO, Esteban M., & Tereso Foy ROMANO (2016), « Assessing the effect of school days and absences on test score performance », in Economics of Education Review, vol. 55.

BACHER-HICKS, Andrew, Joshua GOODMAN & Christine MULHERN (2020), « Inequality in household adaptation to schooling shocks: Covid-induced online learning engagement in real time », NBER, working paper, n° 27555.

CHETTY, Raj, John N. FRIEDMAN, Nathaniel HENDREN & Michael STEPNER (2020), « How did Covid-19 and stabilization policies affect spending and employment? A new real-time economic tracker based on private sector data ».

CHETTY, Raj, John N. FRIEDMAN & Jonah E. ROCKOFF (2014), « Measuring the impacts of teachers II: Teacher value-added and student outcomes in adulthood », in American Economic Review, vol. 104, n° 9.

ÉGERT, Balázs, Jarmila BOTEV & David TURNER (2020), « The contribution of human capital and its policies to per capita income in Europe and the OECD », CESifo, working paper, n° 8776.

FURCERI, Davide, Prakash LOUNGANI, Jonathan D. OSTRY & Pietro PIZZUTO (2020), « Will Covid-19 affect inequality? Evidence from past pandemics », in CEPR, COVID Economics: Vetted and real-time papers, n° 12.

GERSHENSON, Seth, Alison JACKNOWITZ & Andrew BRANNEGAN (2017), « Are student absences worth the worry in U.S. primary schools?  », in Education Finance and Policy, vol. 12, n° 2.

GOODMAN, Joshua (2014), « Flaking out: Student absences and snow days as disruptions of instructional time », NBER, working paper, n° 20221.

GREWENIG, Elisabeth, Philipp LERGETPORER, Katharina WERNER, Ludger WOESSMANN & Larissa ZIEROW (2020), « COVID-19 and educational inequality: How school closures affect low- and high-achieving students », CESifo, working paper, n° 8648.

HANUSHEK, Eric A., & Ludger WOESSMANN (2020), The Economic Impacts of Learning Losses, OCDE.

ICHINO, Andrea, & Rudolf WINTER-EBMER (2004), « The long-run educational cost of World War II », in Journal of Labor Economics, vol. 22, n° 1.

JAUME, David, & Alexander WILLÉN (2019), « The long-run effects of teacher strikes: Evidence from Argentina », in Journal of Labor Economics, vol. 37, n° 4.

Maldonado, Joana Elisa, & Kristof De Witte (2020), « The effect of school closures on standardized student test outcomes », KU Leuven, discussion paper, n° 20.17.

MARCOTTE, Dave (2007), « Schooling and test scores: A mother-natural experiment », in Economics of Education Review, vol. 26, n °5.

MARCOTTE, Dave E., & Steven W. HEMELT (2008), « Unscheduled school closings and student performance », in Education Finance and Policy, vol. 3, n° 3.

MINCER, Jacob (1974), Schooling, Experience, and Earnings, NBER.

PSACHAROPOULOS, George, Victoria COLLIS, Harry Anthony PATRINOS & Emiliana VEGAS (2020), « Lost wages: The COVID-19 cost of school closures », IZA, discussion paper, 13641. 

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