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9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 17:58
Et si, à l’âge des robots, le vieillissement démographique stimulait la croissance ?

Beaucoup ont affirmé que le vieillissement démographique tend à freiner la croissance économique. Ces craintes se sont faites encore plus insistantes ces dernières années, dans le contexte de stagnation de l’activité qui suivit la crise financière mondiale. Par exemple, Robert Gordon (2014) considère le vieillissement démographique comme le premier « vent contraire » (headwind) auquel la croissance des pays développés se trouvera confrontée ces prochaines décennies, au motif qu’il déprimerait le taux d’activité et la productivité des travailleurs. Tout comme Alvin Hansen (1938), Larry Summers (2014) donne un rôle crucial à la dynamique démographique pour affirmer que les pays développés font face à une stagnation séculaire ; en l’occurrence, le vieillissement de la population contribuerait à accroître l’épargne agrégée tout en réduisant l’investissement, ce qui freinerait la croissance économique en déprimant la demande globale.

Daron Acemoglu et Pascual Restrepo (2017b) estiment qu’une telle relation négative n’apparaît pas au niveau empirique. Pour aboutir à ce constat, ils s’appuient sur les données relatives à la période s’écoulant entre 1990 et 2015 et définissent le vieillissement démographique comme la hausse du ratio rapportant la population âgée de plus de 50 ans sur celle âgée de 20 à 49 ans. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, l’instant où l’on considère que le vieillissement a commencé à faire effet dans les pays développés, il n’y a pas de corrélation négative entre le vieillissement et le PIB par tête. Selon certaines spécifications, les données suggèrent même une corrélation positive : les pays qui ont connu un vieillissement rapide de leur population auraient également connu une croissance économique plus rapide au cours des dernières décennies.

GRAPHIQUE  Corrélation entre le vieillissement et la croissance du PIB par tête (en dollars constants)

Et si, à l’âge des robots, le vieillissement démographique stimulait la croissance ?

source : Acemoglu et Restrepo (2017b)

Acemoglu et Restrepo suggèrent que ce constat contre-intuitif trouve une explication au niveau du progrès technique. En effet, ils notent que la période qui s’ouvre avec les années quatre-vingt-dix coïncide avec l’arrivée d’une gamme de nouvelles technologies se substituant à la main-d’œuvre. Les pays qui subissent un vieillissement rapide de leur population adopteraient plus rapidement l’une des principales technologies d’automation, en l’occurrence les robots industriels. En effet, les données relatives à 49 pays suggèrent une forte corrélation entre le vieillissement démographique et le nombre de robots par million d’heures travaillées sur la période qui s’écoule entre le début des années quatre-vingt-dix et 2015 [Acemoglu et Restrepo, 2017a].

Pour expliquer ces divers constats, les deux économistes s’appuient sur l’une de leurs précédentes analyses [Acemoglu et Restrepo, 2016]. Celle-ci suggérait qu’un manque d’offre de travail pouvait stimuler la création et l’adoption de technologies substituables avec la main-d’œuvre. En l’occurrence, lorsque le capital est suffisamment abondant, une pénurie de travailleurs jeunes ou d’âge intermédiaire peut tellement stimuler l’adoption de nouvelles technologies que les effets de cette pénurie de main-d’œuvre s’en trouvent neutralisés, voire inversés. Ainsi, Acemoglu et Restrepo en concluent que le vieillissement de la main-d’œuvre a beau déprimer l’offre de travail, il ne réduit pas forcément le PIB par tête et peut même stimuler la croissance économique.

 

Références

ACEMOGLU, Daron & Pascual RESTREPO (2016), « The race between machine and man: Implications of technology for growth, factor shares and employment », NBER, working paper, n° 22252.

ACEMOGLU, Daron & Pascual RESTREPO (2017a), « Demographics and robots: Theory and evidence », document de travail.

ACEMOGLU, Daron & Pascual RESTREPO (2017b), « Secular stagnation? The effect of aging on economic growth in the age of automation », NBER, working paper, n° 23077.

GORDON, Robert J. (2014), « The demise of U.S. economic growth: restatement, rebuttal, and reflections », NBER, working paper, n° 19895, février.

HANSEN, Alvin (1938), « Economic progress and the declining population growth », in American Economic Review, vol. 29, n° 1.

SUMMERS, Lawrence (2014), « U.S. economic prospects: Secular stagnation, hysteresis, and the zero lower bound », in Business Economics, vol. 49, n° 2.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 16:29
Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

Facundo Alvaredo, Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman (2017) se sont appuyé sur une nouvelle base de données (World Wealth and Income Database) pour observer quelles ont été les grandes tendances dans la répartition du revenu et dans la répartition du patrimoine à travers le monde depuis le début du vingtième siècle, mais en gardant la focale au niveau national ; ils n’ont analysé ni les inégalités mondiales de revenu, ni les inégalités mondiales de patrimoine. En l’occurrence, ils se sont tout particulièrement penchés sur les différences qui existent dans l’évolution des inégalités de revenu et de richesse aux Etats-Unis, en Chine, en France et au Royaume-Uni.

Alvaredo et ses coauteurs confirment que le revenu national par adulte a fortement augmenté ces dernières décennies : entre 1978 et 2015, il a augmenté respectivement de 811 %, 59 % et 39 % aux Etats-Unis, en Chine et en France. Pour autant, cette tendance dissimule des évolutions très différentes selon la position dans la répartition. En l’occurrence, le revenu des plus riches a augmenté plus rapidement que le revenu du reste de la population, si bien que les inégalités de revenu ont eu tendance à augmenter.

GRAPHIQUE 1  Part du revenu national détenue par les 1 % les plus riches en Chine, aux Etats-Unis et en France

Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

source : Alvaredo et alii (2017)

La hausse des inégalités a en l’occurrence été particulièrement forte aux Etats-Unis ces dernières décennies [Piketty, Saez et Zucman, 2016]. En effet, la part du revenu national détenue par les 50 % les plus modestes a énormément diminué entre 1978 et 2015, puisqu’elle est passée de 20 % à 12 % (cf. graphique 2). Le revenu des 50 % les plus modestes a baissé de 1 % au cours de la période. Parallèlement, la part du revenu national détenue par les 1 % les plus riches est passée de 11 % à 20 % (cf. graphique 1). Autrement dit, la part du revenu national que détiennent les 50 % les plus modestes a été captée par les 1 % les plus riches. Dans les autres pays, notamment en Chine et surtout en France, la part détenue par les 50 % les plus modestes est restée bien plus élevée. En l’occurrence, en France, si les hauts revenus ont augmenté plus rapidement que le revenu moyen, les 50 % les plus modestes ont vu leur revenu s’accroître au même rythme que le revenu moyen, en l’occurrence de 39 % sur l’ensemble de la période entre 1978 et 2015.

GRAPHIQUE 2  Part du revenu national détenu par les 50 % les plus modestes en Chine, aux Etats-Unis et en France

Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

source : Alvaredo et alii (2017)

En Chine, alors que les données d’enquêtes suggèrent que les 1 % les plus riches possèdent 6,5 % du revenu national, la combinaison de ces données d’enquêtes avec les données fiscales suggèrent que les 1 % les plus riches possèdent environ 13 % du revenu national (cf. graphique 1). Cette part pourrait même être sous-estimée en raison de l’évasion fiscale et des faiblesses des données fiscales et de la comptabilité nationale en Chine. Alors que les inégalités de revenu étaient très faibles à la fin des années soixante-dix, elles se rapprochent désormais des niveaux observés aux Etats-Unis.

GRAPHIQUE 3 La hausse des ratios patrimoine sur revenu en Chine, aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne (richesse privée nette en % du revenu national)

Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

source : Alvaredo et alii (2017)

Alvaredo et ses coauteurs confirment les observations de Thomas Piketty et Gabriel Zucman (2013) : le ratio rapportant la richesse privée nette sur le revenu national a augmenté dans presque tous les pays au cours des dernières décennies (cf. graphique 3). Cette dynamique n’a pas été affectée par la crise financière de 2008. Le ratio a tout particulièrement augmenté en Chine : la richesse privée nette représentait à peine plus de 100 % du revenu national en 1978 ; elle représentait 450 % en 2015. Ainsi, le ratio patrimoine sur revenu de la Chine se rapproche des niveaux observés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France, où il dépasse les 500 %. Cette hausse généralisée des ratios patrimoine sur revenu a pu notamment s’expliquer par de forts taux d’épargne (s’expliquant quant à eux par des facteurs tels que le vieillissement démographique ou la hausse des inégalités), par une hausse des prix de l’immobilier et par une hausse des cours boursiers. Alvaredo et ses coauteurs mettent notamment l’accent sur le transfert de la richesse publique vers la richesse privée pour expliquer l’essor des ratios patrimoine sur revenu. Par exemple, en Chine, la part de la richesse publique dans la richesse nationale est passée de 70% à 35 % entre 1978 et 2015. Parmi les pays riches, c’est aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni que la richesse publique nette est devenue négative ; celle-ci n’est que légèrement positive en Allemagne et en France. Or cette dynamique peut contribuer à limiter la capacité des gouvernements à redistribuer les revenus et à contenir la hausse des inégalités.

GRAPHIQUE 4  Part du patrimoine national détenue par les 1 % les plus aisés en chine, aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne

Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

source : Alvaredo et alii (2017)

Les parts du patrimoine détenues par les plus riches ont fortement augmenté aux Etats-Unis et en Chine au cours des dernières décennies, tandis qu’elles ont augmenté plus modérément en France et au Royaume-Uni (cf. graphique 4). Aux Etats-Unis, de plus fortes inégalités de revenu et une puissante stagnation des revenus pour les plus modestes ont pu contribuer à accroître fortement les inégalités de patrimoine. En Chine, la forte hausse des inégalités de patrimoine a pu s’expliquer par l’inégal accès des ménages chinois aux marchés boursiers. En France et au Royaume-Uni, la hausse des prix réels de l’immobilier ont pu avoir exercé un effet atténuateur, notamment pour les classes moyennes. Alvaredo et ses coauteurs jugent difficile de savoir si cette tendance à l’accroissement des inégalités de patrimoine va se poursuivre à l’avenir, dans la mesure où les inégalités de richesse dépendent des taux d’épargne entre les différents groupes de revenu et de richesse, de la répartition du revenu du travail, des taux de rendement de la richesse et de la progressivité de l’impôt sur le revenu et sur le patrimoine. Leurs simulations quantitatives suggèrent que les inégalités de richesse à long terme réagissent fortement à de faibles variations de ces paramètres. Autrement dit, les dynamiques des inégalités de patrimoine sont très instables à long terme.

 

Références

Alvaredo, Facundo, Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel SAEZ & Gabriel ZUCMAN (2017), « Global inequality dynamics: New findings from WID.world », NBER, working paper, n° 23119, février.

PIKETTY, Thomas, Emmanuel SAEZ & Gabriel ZUCMAN (2016), « Distributional national accounts: Methods and estimates for the United States », NBER, working paper, n° 22945, décembre.

PIKETTY, Thomas, & Gabriel ZUCMAN (2013), « Capital is back: Wealth-income ratios in rich countries 1700-2010 », Paris School of Economics, document de travail.

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28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:00
Et si la chute de la part du travail s'expliquait par la plus forte concentration des entreprises ?

Pendant très longtemps, les économistes ont considéré que le revenu national avait tendance à se répartir dans les mêmes proportions entre le travail et le capital à long terme, au point que, dans les années cinquante, Kaldor qualifiait cette constance de véritable « fait stylisé ». Ces proportions n’étaient pas forcément les mêmes d’un pays à l’autre, mais cette constance se retrouvait pourtant dans la majorité des pays. Les parts respectives du travail et du capital semblait varier, mais temporairement, puisqu’elles finissaient par revenir à leur tendance à long terme. Or, ces dernières décennies ont remis en cause cette idée d’invariance : la part de la valeur ajoutée rémunérant le travail a baissé aux Etats-Unis, comme dans d’autres pays développés, depuis le début des années quatre-vingt. Loukas Karabarbunis et Brent Neiman (2013) ont non seulement confirmé cette tendance à travers le monde développé, mais ils ont également montré qu’elle était à l’œuvre dans chaque secteur plutôt que dans des secteurs en particulier. 

Plusieurs études se sont focalisées sur la baisse de la part du revenu rémunérant le travail que l’on a pu observer aux Etats-Unis et qui semble s’être tout particulièrement accélérée au début des années deux mille. Si elles confirment généralement cette déformation du partage de la valeur ajoutée, elles n’aboutissent toutefois pas sur un consensus sur les causes de cette tendance. Par exemple, Michael Elsby, Bart Hobijn et Ayşegül Şahin (2013) mettent en avant le rôle du commerce international, dans la mesure où ils constatent que la part du travail a le plus amplement décliné dans les secteurs les plus affectés par la concurrence étrangère. Pourtant, la part du travail a également décliné dans la plupart des secteurs produisant des biens non échangeables, notamment dans la distribution. 

Karabarbounis et Neiman (2013) ont de leur côté mis l’accent sur la baisse du coût du capital relativement au coût du travail, notamment la baisse des prix des équipements en information et communication (à qualité constante). Dans les modèles néoclassiques, une baisse du prix relatif du capital entraîne une baisse de la part du revenu rémunérant le travail si l’élasticité de substitution entre le travail et le capital est supérieure à l’unité. Or, de nombreuses analyses empiriques, notamment celle de Robert Lawrence (2015), suggèrent que l’élasticité est bien inférieure à l’unité. Dans la mesure où les variations des prix relatifs des facteurs tendent à être les mêmes d’une entreprise à l’autre, la baisse du prix relatif des équipements devrait se traduire par une plus grande accumulation du capital et un chute de la part du travail dans l’ensemble des entreprises. Or, David Autor, David Dorn, Lawrence Katz, Christina Patterson et John Van Reenen (2017a) ont constaté que c’est plutôt l’inverse, dans la mesure où la part du revenu du travail moyenne non pondérée n’a pas beaucoup varié depuis 1982.

Partant de l’idée qu’il faut prendre en compte l’hétérogénéité des entreprises et expliquer la déformation du partage de la valeur ajoutée par la réallocation de l’activité vers des entreprises présentant les plus faibles part du travail, Autor et alii (2017b) proposent l’interprétation de l’« entreprise superstar » (superstar firm). Ils supposent que les conditions de marché et les conditions technologiques ont évolué de telle manière ces dernières décennies qu’elles ont entraîné une plus forte concentration des ventes au sein d’une poignée d’entreprises : ces dernières ont pu contrôler une plus large part de leur marché en proposant des produits supérieurs ou en affichant une plus forte productivité. Or, puisque ces entreprises superstars sont plus profitables, la part de leurs ventes totales ou de leur valeur ajoutée risque d’être plus faible que chez leurs concurrentes. Par conséquent, la part du travail diminue au niveau agrégé à mesure que les entreprises superstars représentent une part croissante de l’économie.

Cette explication n’est valable que si les ventes sont de plus en plus concentrées dans un nombre restreint d’entreprises dans un large éventail de secteurs. Or, Autor et ses coauteurs constatent que la concentration des ventes et de l’emploi a effectivement augmenté aux Etats-Unis entre 1982 et 2012 dans chacun des six secteurs majeurs couverts par l’Economic Census. Autor et alii (2017a) montrent en outre que les secteurs où le degré de concentration a le plus augmenté ont connu les plus fortes chutes de la part du travail, mais aussi que la chute de la part du travail s’explique avant tout par la réallocation de la main-d’œuvre vers les entreprises présentant les plus faibles parts du travail plutôt que par la réduction des parts du travail dans la plupart des entreprises. 

Simcha Barkai (2016) aboutit à une conclusion similaire, mais en remettant en cause l’idée que la baisse de la part du travail au cours des trois dernières décennies se soit traduite par une hausse de la part du capital. Il note que si la part du capital s’était fortement accrue, le taux de rendement sur le capital aurait dû augmenter, or les taux d’intérêt ont au contraire en tendance à décliner aux Etats-Unis. Il développe alors l’idée que le revenu se partage non pas entre le travail et le capital, mais entre ces deux facteurs de production et le profit : si les salaires sont le prix auquel les entreprises embauchent de la main-d’œuvre et si les taux d’intérêt sont le prix auquel les entreprises empruntent du capital, alors il reste un revenu résiduel après les versements au travail et au capital [Bunker, 2016]. Barkai montre alors que le secteur des entreprises non financières aux Etats-Unis a connu ces trois dernières décennies une forte baisse de la part du capital et une ample hausse de la part du profit. Il montre que seule une baisse du taux de marge, donc du pouvoir de marché, peut générer à la fois une baisse des parts du revenu rémunérant le travail et le capital. Sa propre analyse montre que ce sont en l’occurrence les secteurs qui se sont le plus concentrés qui ont connu la plus forte baisse de la part du travail et que la hausse de la concentration peut expliquer l’essentiel de la baisse de la part du travail au niveau agrégé.

 

Références

AUTOR, David, David DORN, Lawrence F. KATZ, Christina PATTERSON & John VAN REENEN (2017a), « The fall of the labor share and the rise of superstar firms », MIT, working paper

AUTOR, David, David DORN, Lawrence F. KATZ, Christina PATTERSON & John VAN REENEN (2017b), « Concentrating on the fall of the labor share », CEPR, discussion paper, n° 11810.

BARKAI, Simcha (2016), « Declining labor and capital shares », Université de Chicago, document de travail.

BUNKER, Nick (2016), « Lack of market competition, rising profits, and a new way to look at the division of income in the United States », in Washington Center for Equitable Growth, 22 novembre.

ELSBY, Michael W.L., Bart HOBIJN & Aysegul ŞAHIN (2013), « The decline of the U.S. labor share », Federal Reserve Bank of San Francisco, working paper, n° 2013-27, septembre.

KARABARBOUNIS, Loukas, & Brent NEIMAN (2014a), « The global decline of the labor share », in Quarterly Journal of Economics, vol. 129, n° 1.

LAWRENCE, Robert Z. (2015), « Recent declines in labour’s share in US income: A neoclassical account », NBER, working paper, n° 21296.

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