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27 juin 2014 5 27 /06 /juin /2014 22:20

Pour comparer les niveaux de vie et la taille des différents pays, il est possible de déterminer le PIB de chaque pays dans sa propre devise, puis de ramener les PIB de tous les pays dans la même monnaie (par exemple le dollar) en utilisant les taux de change. Cette méthode rencontre toutefois deux difficultés [Taylor, 2014]. Tout d’abord, les taux de change fluctuent, parfois rapidement et significativement. Or, si par exemple le taux de change se déprécie sans que le PIB réel ne varie, la dépréciation pourrait laisser suggérer que la taille de l’économie s’est réduite. Inversement, une appréciation du taux de change tend à accroître artificiellement la taille de l’économie. En outre, un même ensemble de biens achetés dans un pays donné peut ne pas valoir la même quantité de monnaie dans un autre après conversion. En l’occurrence, un panier de biens tend à être moins cher dans les pays en développement que dans les pays avancés. 

Une manière (malheureusement imparfaite) de dépasser ces difficultés est d’utiliser les taux de change en parité de pouvoir d’achat (PPA). Il s’agit alors de déterminer un taux de change en comparant ce que coûte un panier donné dans deux pays donnés. The Economist utilise par exemple régulièrement le prix du big mac comme approximation sommaire les PPA : si un hamburger veut 4,0 euros en France et 4 dollars aux Etats-Unis, alors le taux de conversion en PPA de l’hamburger pour ces deux économies s’élève à 1,20 euros pour un dollar [Taylor, 2014]. Le Programme de comparaison internationale (PCI) de la Banque Mondiale publie tous les six ans ses estimations des PPA pour les principaux agrégats du PIB. Le PCI a publié fin avril ses estimations des PPA pour l’année 2011 pour 199 économies en utilisant de nombreuses données sur les prix et en essayant de tenir compte des différences de qualité. Les précédentes estimations avaient été réalisées pour l’année 2005. Entretemps, celles-ci étaient actualisées chaque année en utilisant les taux d’inflation. Les publications d’avril offrent des chiffres bien différents que ceux suggérés par ces extrapolations.

GRAPHIQUE PIB réel par habitant et parts dans la population mondiale en 2011

A propos des nouvelles estimations de PPA

En 2011, le PIB réel par habitant moyen s'élevait à 13 460 dollars (cf. graphique 1). Lors des publications d’avril, beaucoup de journalistes et d’économistes se sont focalisés sur le fait que l’économie chinoise est plus importante qu’on ne l’imaginait jusqu’alors. Mesurés en termes de PPA, le PIB chinois est supérieur de 21 % à ce que l’on pensait. Il est susceptible de dépasser le PIB des Etats-Unis vers la fin de l’année 2014, soit bien plus tôt qu’on ne l’anticipait (cf. graphique 2) [1]. D’autres pays ont connu de fortes réévaluations de leur PIB [Fatás, 2014]. Par exemple, la taille de l’économie indonésienne a été réévaluée de 85 % et elle est désormais la dixième plus grande économie au monde, plus grande que l’Italie et à peu près de même taille que le Royaume-Uni. L’Inde est désormais la troisième plus grande économie au monde, dépassant le Japon et l’Allemagne. Six des douze plus grandes économies au monde sont des pays à revenu intermédiaire. Les pays à haut revenu, les pays à revenu intermédiaire et les pays à faible revenu réalisent respectivement 50,3 %, 48,2 % 1,5 % du PIB mondial [Taylor, 2014].

GRAPHIQUE  PIB des Etats-Unis et de la Chine (en milliers de milliards de dollars PPA) 

A propos des nouvelles estimations de PPA

source : The Economist (2014)

Angus Deaton et Bettina Aten (2014) ont cherché à comprendre ce qui peut expliquer le décalage entre les dernières estimations de PPA pour l’année 2011 et les PPA qui étaient jusqu’alors extrapolés à partir des estimations de PPA pour l’année 2005. Ils notent tout d’abord que les PPA de l’année 2005 étaient elles-mêmes fortement différentes de ce qui était attendu et faisaient apparaître une économie mondiale bien plus inégale. Beaucoup des changements qui sont apparus pour les premières reviennent sur les changements apparus lors des secondes. Ils identifient la source du problème : celui-ci réside dans la manière par laquelle les régions sont liées en 2005. Ils utilisent deux différentes méthodes pour mesurer la taille de l’effet. Toutes deux suggèrent que les PPA de 2005 pour la consommation des pays asiatiques (sauf le Japon) et de l’Afrique furent surestimées de 20 à 30 %. Puisque la méthodologie du PCI de 2011 est plus réaliste que celle de 2005, les nouvelles estimations ont certainement éliminé cette surévaluation.

Si ces résultats sont corrects, alors ils amènent à profondément réviser les comparaisons internationales, ainsi que les estimations de la pauvreté et des inégalités mondiales. Lors du PCI de 2005, les PPA des pays pauvres vis-à-vis des Etats-Unis avaient été sensiblement revus à la hausse par rapport aux extrapolations obtenues jusqu’alors, ce qui avait amené à une forte révision du nombre de pauvres à travers le monde. Les PPA pour la consommation individuelle des ménages, comme les PPA pour les PIB, ont aujourd’hui été révisés à la baisse, si bien que les niveaux de consommation estimés pour les pays pauvres sont plus élevés que ceux précédemment estimés. Si le seuil de pauvreté mondiale est fixé en termes de dollars américains, par exemple à 1,25 dollar comme le fait actuellement la Banque Mondiale, alors sa valeur locale dans les devises des pays pauvres va désormais être plus faibles, ce qui signifie qu’il y a moins de personnes vivant en-dessous de ce seuil qu’on ne le pensait jusqu’à présent. Les précédentes études (qui utilisaient les PPA extrapolées à partir du PCI de 2005) établissaient que le nombre de personnes vivant avec moins de 1,25 dollar en 2010 s’élevait à environ 1,215 milliard de personnes. Ce chiffre pourrait s’élever à 571 millions de personnes si l’on utilise les nouvelles estimations du CPI de 2011 [Chandy et Kharas, 2014].

 

[1] Jeffrey Frankel (2014) considère toutefois qu’il est plus pertinent d’utiliser les taux de change de marché que les taux de change en PPA pour comparer les tailles des économies. Aux taux de change courants, l’économie américaine est encore 83 % plus importante que l’économie chinoise. Si le taux de croissance de la Chine demeure toutefois supérieur de 5 points de pourcentage à celui des Etats-Unis et si le yuan continue de s’apprécier chaque année de 3 %, alors c’est en 2021 que l’économie chinoise risque de dépasser en taille l’économie américaine. 

 

Références

COHEN-SETTON, Jérémie (2014), « Blogs review: China's GDP (PPP) to surpass the United States? », in Bruegel (blog), 12 mai.

CHANDY, Lawrence, & Homi KHARAS (2014), « What do new price data mean for the goal of ending extreme poverty? », Brookings, 5 mai. 

DEATON, Angus, & Bettina ATEN (2014), « Trying to understand the PPPs in ICP2011: Why are the results so different? », National Bureau of Economic Research, working paper, n° 20244, juin.

FATÁS, Antonio (2014), « Honey, I blew up a few economies », Antonio Fatás on the Global Economy (blog), in 1er mai.

FRANKEL, Jeffrey (2014), « China is not yet number one », in voxEU.org, 9 mai.

TAYLOR, Timothy (2014), « GDP Snapshots from the International Comparison Project », in Conversable Economist (blog), 9 mai. 

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 18:26

Une partie non négligeable de la production et des échanges relève de l’économie informelle. A un extrême, des entreprises n’existent tout simplement pas aux yeux des autorités. Elles ne sont pas enregistrées, elles ne respectent pas la réglementation, elles vendent leurs produits et rémunèrent leurs facteurs de production avec de la monnaie fiduciaire, elles ne disposent pas de comptes bancaires et ne payent ni impôts, ni cotisations sociales. A un autre extrême, certaines entreprises enregistrées dissimulent une partie de leurs ventes ou de la main-d’œuvre employée aux yeux des autorités publiques afin de réduire le montant des prélèvements obligatoires, tout en continuant à respecter de nombreuses règles. Entre ces deux extrêmes, il existe d’innombrables situations intermédiaires relevant de l’économie informelle. 

Rafael La Porta et Andrei Shleifer (2014) ont établi cinq faits stylisés à propos de l’économie informelle dans les pays en développement. Premièrement, le secteur informel y est très important, puisqu’il représente la moitié de l’économie dans les plus pauvres pays. Selon l’indicateur utilisé, le secteur informel représente entre 30 et 40 % de l’activité économique totale dans les pays plus pauvre et une part encore plus élevée  de l’emploi. 

Deuxièmement, les entreprises informelles sont plus petites que les entreprises formelles. Elles sont aussi beaucoup moins productives. L’inefficacité des entreprises informelles n’est pas qu’une question de taille, puisqu’un large écart de productivité apparaît pour les entreprises formelles et informelles de même taille. Les salaires versés dans les entreprises informelles sont aussi bien inférieurs à ceux versés par les entreprises formelles, ce qui suggère à nouveau que les premières sont moins productives que les secondes. La faible valeur ajoutée des travailleurs informels se traduit par une faible qualité des produits vendus. Les différences en termes de capital humain entre les travailleurs des entreprises informelles et ceux des entreprises formelles sont toutefois réduites ; en revanche, les dirigeants des premières sont moins dotés en capital humain que les dirigeants des secondes. Au final, si l’économie informelle est si large dans les pays pauvres, c’est précisément parce que leurs entrepreneurs sont improductifs.

Troisièmement, l’apparition des activités informelles s’explique essentiellement par la volonté de fuir les impôts et la réglementation. De Soto (1989) affirmait que les entreprises informelles désiraient pour la plupart d’entre elles entrer dans le secteur formel, mais qu’elles seraient désincitées à le faire en raison de la corruption, de la fiscalité et de la réglementation publique. En fait, l’obstacle le plus important que rencontre l’ensemble des entreprises est le manque d’accès au financement et cet obstacle est particulièrement contraignant pour les entreprises informelles. Selon La Porta et Shleifer, c’est parce qu’elles ne sont pas compétitives que les entreprises informelles ne peuvent ou ne désirent entrer dans le secteur formel. Ils en concluent alors qu’un assouplissement des coûts d’enregistrement n’incitera pas les firmes informelles à pénétrer le secteur formel et n’accélérera pas la croissance économique.

Quatrièmement, l’économie informelle est largement déconnectée de l’économie formelle. La quasi-totalité des entreprises formelles sont nées dans le secteur formel, tandis que la majorité des entreprises informelles demeurent dans le secteur informel tout au long de leur existence. Ces dernières font rarement la transition vers le secteur formel. Enfin, elles commercent très peu avec les entreprises formelles. 

Cinquièmement, au fur et à mesure que les pays voient leur revenu par habitant s’accroître et qu’ils se développent, l’économie informelle tend à se contracter, si bien que l’économie formelle finit par dominer la vie économique.

Ces divers résultats sont cohérents avec les modèles d’économies duales à la Lewis. La croissance économique joue un rôle clé pour réduire la part du secteur informel dans l’ensemble de l’économie, mais le maintien d’un large secteur informel freine précisément la croissance économique en limitant les gains de productivité. En l’occurrence, l’un des obstacles à la croissance économique n’est pas l’insuffisance en main-d’œuvre qualifiée, mais plutôt l’insuffisance en entrepreneurs qualifiés. En créant des entreprises productives et en veillant à leur développement, les entrepreneurs qualifiés jouent un rôle dans l’accélération de la croissance économique, mais ce faisant ils concurrencent les entreprises informelles, ce qui conduit ces dernières à cesser leur activité. La meilleure manière de réduire l’ampleur de l’économie informelle n’est pas vraiment les coûts d’enregistrement, mais plutôt de favoriser l’apparition d’une classe d’entrepreneurs qualifiés, notamment à travers l’immigration et l’éducation. 

 

Références

LA PORTA Rafael, & Andrei SHLEIFER (2014), « Informality and development », National Bureau of Economic Research, working paper, n° No. 20205, juin.

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 17:02

Les transferts de revenu réalisés par les émigrés au profit de leur pays d’origine ont fortement augmenté au cours des dernières décennies. Les envois de fonds des émigrés au profit des pays en développement atteignaient juste 47 milliards de dollars (constants de 2011) en 1980 [Clemens et McKenzie, 2014]. Leur montant doubla entre 1990 et 2000 en passant de 49 à 102 milliards de dollars. Puis, il doubla au cours de la décennie suivante, atteignant 321 milliards en 2010. Les transferts des migrants pourraient avoir représenté 414 milliards de dollars en 2013, soit un montant trois fois supérieur à celui de l'aide publiqueau développement [Bettin et alii, 2014]. Bref, ils représentent une part substantielle et croissante des flux internationaux de capitaux à destination des pays en développement, si bien qu’ils pourraient un rôle significatif sur leur croissance économique.

GRAPHIQUE  Flux financiers à destination des pays en développement (en milliards de dollars constants 2011)

envois-de-fonds-revenus--transferts-de-revenus-migrants-pay.png

source : Clemens et MacKenzie (2014)

Les envois de fonds sont susceptibles d’influencer le développement économique via plusieurs canaux. Tout d’abord, avec le transfert de revenu réalisés par les émigrés au profit des membres de leur famille restés dans leur d’origine, ces derniers obtiennent une source de revenu supplémentaire, si bien que les envois de fonds pourraient contribuer à y réduire la pauvreté et y soutenir la consommation, ce qui stimule la demande locale. D’autre part, ces transferts de revenu sont susceptibles de financer l’accumulation de capital, donc de faciliter le décollage (takeoff) de l’activité dans les pays en développement. Bref, ils pourraient contribuer à briser le cercle vicieux de sous-développement et à sortir les pays à faible revenu de leur trappe à pauvreté, à la fois en stimulant l’offre et la demande. Toutefois, rien n’assure que ces transferts de revenu soient effectivement utilisés pour financer l’investissement productif ou l’investissement en capital humain (l’éducation). Il ne faut en outre pas oublier que si l’émigration peut constituer une source de revenu pour le pays d’origine, elle y réduit par définition la population active et détériore par là même la croissance potentielle, en particulier si ce sont les travailleurs qualifiés qui optent pour l’émigration. Cet effet est compensé à long terme si les émigrés reviennent ensuite dans leur pays d’origine, en particulier s’ils reviennent plus qualifiés.

Les économies en développement sont particulièrement vulnérables aux chocs, notamment en raison du sous-développement de leur système financier. En l’occurrence, si les catastrophes naturelles tendent à stimuler l’activité dans les pays avancés, mais tendent par contre à la dégrader dans les pays en développement, c’est peut-être précisément parce que les premiers disposent d’un système assurantiel dont les seconds sont dépourvus. Dans ce contexte, les transferts de revenu des émigrés pourraient se substituer au système financier domestique pour jouer ce rôle d’assurance et permettre à l’économie de mieux absorber les chocs en lissant les dépenses de consommation. La capacité des envois de fonds de la part des migrants à lisser les fluctuations économiques dépendent notamment des motifs selon lesquels ces envois sont réalisés. Si les transferts sont réalisés selon un motif altruiste, ils devraient être contracyliques avec la production dans le pays d’origine : le volume des afflux de transferts devrait s’accroître durant les ralentissements de l’activité dans le pays d’origine, compensant la chute de revenu que connaissent les membres de la famille qui y sont restés, si bien qu’ils permettraient d’y lisser les fluctuations de l’activité. Si les transferts sont réalisés selon un motif d’investissement, ils devraient être procycliques, puisqu’ils devraient diminuer lorsque l’économie d’origine connait un ralentissement de l’activité. Enfin, un accroissement du revenu gagné par les émigrés devrait les amener à transférer davantage d’argent à leur pays d’origine, si bien que les transferts devraient tendre à être procycliques avec l’activité économique dans le pays d’émigration. 

Giulia Bettin, Andrea Presbitero et Nikola Spatafora (2014) ont observé comment les transferts internationaux d’argent réalisés par les migrants au profit des membres de leur famille restés dans leur pays d’origine sont affectés par les caractéristiques structurelles, les conditions macroéconomiques et les choses adverses survenant dans les pays émetteurs de ces transferts et les pays qui en sont les récepteurs. Pour cela, ils ont observé les transferts réalisés par les immigrants de 103 provinces italiennes vers 87 pays en développement sur la période s’étalant entre 2005 et 2011. Les transferts des migrants sont négativement corrélés avec le cycle d’affaires dans les pays récepteurs et s’accroissent fortement en réponse aux chocs adverses, tels que les désastres naturels ou la chute des échanges extérieurs. En outre, les transferts sont positivement corrélés avec le PIB potentiel des pays récepteurs. L’ensemble de ces résultats suggère ainsi que les transferts sont réalisés selon des motifs d’altruisme et d’investissement. Le développement financier dans l’économie émettrice, qui facilite l’accès des migrants aux services financiers et réduit les coûts de transaction, est positivement associé avec les transferts des migrants. Le développement financier du pays bénéficiaire est négativement associé avec les transferts des migrants, ce qui suggère que ces transferts contribuent à atténuer les contraintes de crédit que subissent les pays en développement et pourraient par là même favoriser leur croissance économique. 

Malgré ces résultats et l’essor du volume de transferts réalisés par les migrants au cours des dernières décennies, les études ne sont pas parvenues à détecter leurs effets sur la croissance économique. Michael Clemens & David McKenzie (2014) suggèrent trois explications. Tout d’abord, il se pourrait que l’accroissement des transferts des migrants que l’on a observé ces dernières décennies soit illusoire : il s’expliquerait, non pas par un accroissement des flux réels, mais par des erreurs de mesure. Deuxièmement, les régressions de panel comparant différents pays peuvent ne pas pouvoir détecter les effets des transferts sur la croissance et ce même s’il n’y a pas d’erreurs de mesures dans l’ampleur des transferts. Troisièmement, l’essor du volume des transferts s’explique essentiellement par l’essor de la migration, or celle-ci a un coût sur le pays d’origine, notamment la contraction de la population active. Même si l’impact positif des transferts de revenu est supérieur à l’impact négatif, l’effet net est susceptible d’être insuffisamment large pour être détecté dans les régressions de croissance transnationales. Au final, Clemens et McKenzie en concluent que l’émigration et les transferts de revenus réalisés par les émigrés ont des effets significatifs sur la pauvreté dans le pays d’origine, mais que leurs effets sur la croissance du pays d’origine resteront insaisissables par les études empiriques.

 

Références

BETTIN, Giulia, Andrea F. PRESBITERO & Nikola SPATAFORA (2014), « Remittances and vulnerability in developing countries », Banque mondiale, policy research working paper, n° 6812.

CLEMENS, Michael A., & David MCKENZIE (2014), « Why don’t remittances appear to affect growth? », Banque mondiale, policy research working paper, n° 6856. 

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