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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 10:12

Entre 1983 et 2008, les importations américaines de biens manufacturés ont doublé, tandis que l’emploi des firmes multinationales américaines tripla dans les pays à faible revenu. Une part essentielle de ces dynamiques concerne la Chine. Suite à l’accession de cette dernière à l’OMC en 2001, les exportations chinoises vers les Etats-Unis ont connu un boom. Entre 1983 et 2008, 8 % de l’ensemble des importations américaines sur cette période ont été réalisées en provenance de la Chine. Or, le secteur manufacturé américain abritait 16 millions d’emplois en 2008, contre 22 millions en 1983. Ce sont 2 millions d’emplois additionnels qui ont été supprimé depuis la Grande Récession de 2008. Beaucoup ont ainsi suggéré que la mondialisation et plus particulièrement l’essor de la Chine sur les marchés internationaux ont accentué la désindustrialisation aux Etats-Unis et provoqué une délocalisation des « bons emplois » de l’industrie américaine vers les pays émergents.

Beaucoup des précédentes études qui ont analysé l’impact du commerce international sur le marché du travail américain se sont focalisées sur le commerce des marchandises. Pourtant, la fragmentation de la production et les délocalisations sont susceptibles d’affecter un bien plus large ensemble de travailleurs. La fragmentation aux multinationales de séparer les différentes étapes de la production d’un bien donné en tâches à forte compétence et en tâches à faibles compétences, puis de faire réaliser plusieurs de ces tâches (même les tâches à haute valeur ajoutée) dans les pays où le travail est moins cher. Alors que les importations touchent souvent des secteurs à faible valeur ajoutée (par exemple la production de jouets), l’emploi étranger des multinationales américaines est surtout créé dans les secteurs à forte valeur ajoutée (automobile, électronique, etc.). Ces derniers secteurs ont eu historiquement des taux élevés de syndicalisations et des salaires élevés. Les délocalisations sont donc potentiellement plus dangereuses pour les travailleurs américains car elles réduisent leur pouvoir de négociation. Puisque la menace de délocaliser une usine dans les pays émergents est crédible, la mondialisation peut exercer une pression à la baisse sur les salaires américains et même affecter les travailleurs dont l’emploi n’est pas délocalisé à l’étranger. En outre, les salaires peuvent être tellement réduits par rapport aux normes historiques que beaucoup des travailleurs les plus âgés peuvent être incités à quitter la population active.

Avraham Ebenstein, Ann Harrison, Margaret McMillan et Shannon Phillips (2014) ont constaté de significatives réductions salariales pour les travailleurs américains exposés à la mondialisation, en particulier les travailleurs réalisant des tâches de routine qui peuvent être a priori facilement réalisées à l’étranger. En raison de l’insuffisance de données, ils ne s’étaient toutefois contentés d’étudier que la seule période s’écoulant ente 1983 et 2002.

Dans leur nouvelle analyse, Ebenstein, Harrison et McMillan (2015) parviennent à étendre leurs données jusqu’à l’année 2008, ce qui leur permet de prendre en compte une période marquée par l’accroissement de la pénétration à l’import, l’essor de la Chine et le développement rapide des délocalisations. Ils constatent de significatifs effets de la mondialisation sur le marché du travail américain. En effet, la délocalisation vers les pays à faible salaire et les importations associées à des déclins salariaux pour les travailleurs domestiques. Une hausse de 10 % de l’exposition d’une profession à la concurrence à l’import est associée à une baisse de 2,7 % des salaires réels pour les travailleurs réalisant des tâches de routine. Ebenstein et alii décèlent également un fort impact sur les salaires des délocalisations vers les pays émergents. En effet, une hausse de 10 % de l’exposition spécifique d’une profession à l’emploi étranger dans les pays à faible salaire est associée à une baisse de 0,27 % des salaires des travailleurs réalisant des tâches de routine pour l’ensemble de leur échantillon et presque une baisse de 1 % pour la seule période s’écoulant entre 2000 et 2008. Les salaires des travailleurs peu qualifiés et des travailleurs âgés sont en l’occurrence disproportionnellement affectés par les délocalisations.

Ils suggèrent que la mondialisation a entraîné une réallocation des travailleurs hors des emplois manufacturiers à haut salaire vers d’autres secteurs et d’autres professions. Les reclassements ont peu d’impacts sur les salaires lorsqu’ils sont confinés au secteur manufacturier. Par contre, ils sont associés à de fortes réductions salariales lorsqu’ils conduisent les travailleurs à quitter le secteur manufacturier pour les services.

Les auteurs analysent alors plus finement l'impact de la concurrence chinoise. Les importations en provenance de Chine et les délocalisations à destination de la Chine sont associées à de plus faibles salaires américains. Une hausse de 10 points de pourcentage de la part de marché des entreprises chinoises est associée à une baisse des salaires de 5,6 %. 

Au sortir de la Grande Récession, les Etats-Unis présentèrent des taux de chômage élevés et des taux d’activité historiquement faibles ; certains ont relié cette performance du marché du travail américain au vieillissement démographique, mais le rôle que le commerce international a pu joué dans cette dynamique reste imprécis. Ebenstein et ses coauteurs se penchent alors sur les liens entre commerce international, délocalisations et taux d’activité. Ils constatent une corrélation négative entre l’exposition aux délocalisations vers la Chine et le taux d’activité, mais une relation positive entre les taux d’activité et la concurrence chinoise à l’import. Les facteurs associés à l’informatisation et à l’accroissement de l’intensité capitalistique semblent associés bien plus significativement au déclin de l’emploi. Ils constatent de faibles impacts de la mondialisation sur la population active, mais un large impact sur cette dernière de l’informatisation et du prix des biens d’investissement. La chute des prix des biens d’investissement est associée à un plus grand usage du capital ; le plus grand usage des ordinateurs et du capital est associé à un plus faible emploi, à un chômage plus élevé et à de plus faibles taux d’activité.

 

Références

AUTOR, David H. David DORN & Gordon H. HANSON (2013), « The China syndrome: Local labor market effects of Import Competition in the United States », in American Economic Review, 103(6): 2121-68.

EBENSTEIN, Avraham, Ann HARRISON, Margaret MCMILLAN & Shannon PHILLIPS (2014), « Estimating the impact of trade and offshoring on American workers using the current population surveys », in Review of Economics and Statistics, voL. 96, n° 4, octobre.

EBENSTEIN, Avraham, Ann HARRISON & Margaret MCMILLAN (2015), « Why are American workers getting poorer? China, trade and offshoring », NBER, document de travail, n° 21027, mars.

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 21:16

Avec la mondialisation des échanges et l’intégration des pays émergents sur les marchés internationaux, on pourrait croire que les exportations sont devenues davantage sensibles aux coûts, ce qui rendrait plus pressant la maîtrise de ces derniers. En effet, si les entreprises voient leurs coûts de production augmenter, elles sont susceptibles de répercuter cette hausse sur les prix de vente pour maintenir leur profit ; avec l’essoufflement résultant de la demande extérieure, l’économie risque alors de connaître une détérioration de son solde extérieur, un ralentissement de sa croissance économie et une hausse de son taux de chômage. En outre, beaucoup considèrent que la dégradation de la compétitivité-coût a joué un rôle déterminant dans l’accumulation des déséquilibres au sein de la zone euro avant qu'éclate la crise financière mondiale. Ainsi, certains en ont conclu que les pays périphériques de la zone euro devaient nécessairement réduire leurs coûts pour stimuler leurs exportations et renouer ainsi avec une croissance soutenable. Le débat s’est souvent focalisé sur le coût du travail ; ses participants ont eu tendance à privilégier les coûts unitaires du travail comme indicateur de compétitivité. Ainsi, avant même la Grande Récession, beaucoup ont appelé, en France, comme dans d’autres pays avancés, à une modération salariale.

Stefaan Decramer, Catherine Fuss et Jozef Konings (2014) considèrent toutefois que peu d’études empiriques se révèlent concluantes quant à l’impact des coûts unitaires du travail sur les performances à l’export. Ils rappellent que Nicholas Kaldor (1978) remarquait dès les années soixante-dix que les pays ayant les taux de croissance du PIB les plus élevés tendaient également à connaître les plus fortes croissances des coûts unitaires du travail. Le comportement de l’économie espagnole lors de la Grande Récession pourrait illustrer le « paradoxe de Kaldor » : malgré une détérioration de ses prix relatifs à l’export, l’Espagne n’a connu qu’une chute limitée de ses exportations. Les exportations pourraient réagir à des facteurs autres que les coûts. Elles sont notamment susceptibles de dépendre de la qualité des produits : or la hausse des coûts de production en général et du coût du travail en particulier pourrait précisément être associée à une amélioration de la qualité des produits (ce sera par exemple le cas si ces derniers utilisent des composants plus performants ou si les travailleurs sont plus qualifiés). Comme le suggèrent les nouvelles théories du commerce international, les consommateurs pourraient avoir une préférence pour la diversité... 

Les plus vieux travaux ont constaté une relation faible, voire positive, entre les coûts relatifs et les exportations. Le lien entre les coûts unitaires du travail et la compétitivité à l’export n’a toutefois été exploré que par un nombre limité d’études. Par exemple, Jan Fagerberg (1988) montre à partir de données relatives à 15 pays de l’OCDE sur la période 1961-1983 que la technologie et la capacité sont à moyen et long terme bien plus importants pour les parts de marché et la croissance que la compétitivité-coût. Wendy Carlin, Andrew Glyn et John Van Reenen ont étudié la relation entre les parts de marché à l’export et les coûts unitaires du travail relatifs en utilisant un échantillon de douze secteurs manufacturiers parmi quatorze pays de l’OCDE. Même si les coûts et la technologie sont importants, ils ne parviennent à expliquer totalement les performances à l’export. Ils constatent également que la sensibilité des exportations des coûts du travail est plus faible dans les secteurs à haute technologie et dans les pays du cœur du système monétaire européen. Malgré la détérioration des prix relatifs à l’export de l’Espagne, Mónica Correa-López et Rafael Doménech (2012) estiment que la baisse limitée des exportations espagnoles lors de la Grande Récession s’explique avant tout par les décisions stratégiques des entreprises, notamment en termes de qualité, de diversification des produits ou d’investissement en capital humain.

De leur côté, Decramer et ses coauteurs ont récemment étudié la relation entre les coûts unitaires du travail et la performance à l’export pour une petite économie ouverte, en l’occurrence la Belgique. Ils utilisent les données relatives aux coûts, à la productivité et aux exportations des entreprises belges au cours de la période s’écoulant entre 1999 et 2010. Ils distinguent notamment la marge intensive des exportations (la performance à l’exportation des exportateurs belges en place) de leur marge extensive (l’entrée et la sortie des entreprises sur le marché à l’export).

Au niveau de l’entreprise, Decramer et ses coauteurs font apparaître une relation négative entre les coûts unitaires du travail et les exportations. En effet, une hausse de 10 % des coûts unitaires du travail est associée à une baisse des exportations comprise entre 2 et 4 %. L’élasticité varie toutefois d’un secteur à l’autre et d’une entreprise à l’autre. En l’occurrence, les exportations des entreprises les plus intensives en main-d’œuvre qui se révèlent être plus élastiques aux coûts unitaires du travail que les exportations des entreprises les plus intensives en capital ou les plus tournées vers le marché européen. La récente crise économique a affecté les exportations, mais l’élasticité des exportations vis-à-vis des coûts unitaires du travail n’a pas varié.

En outre, les trois économistes constatent que les variations des coûts unitaires du travail ont un impact statistiquement significatif sur la marge extensive des exportations. La hausse des coûts unitaires du travail réduit la profitabilité des entreprises qui ne sont pas présentes sur le marché à l’export, ce qui les désincite à se lancer par la suite vers les marchés extérieurs ; elle réduit également la profitabilité des entreprises exportatrices, si bien qu’elle incite ces dernières à se recentrer sur le seul marché domestique.

Pourtant, si les coûts unitaires du travail semblent effectivement influencer les exportations au niveau des entreprises, cet effet est plutôt limité, ce qui suggère à Decramer et à ses coauteurs que la transmission des coûts aux prix est elle-même limitée ou bien que la demande extérieure est peu élastique. Ces résultats iraient ainsi dans le sens des nouvelles théories du commerce internationale en suggérant que d’autres facteurs sont à prendre en compte dans l’élaboration des indicateurs de compétitivité, comme les préférences des consommateurs ou la qualité des produits.

 

Références

CARLIN, Wendy, Andrew GLYN & John Van REENEN (2001), « Export market performance of OECD countries: an empirical examination of the role of cost competitiveness », in The Economic Journal, vol. 111.

CORREA-LÓPEZ, Mónica, & Rafael DOMÉNECH (2012), « The internationalisation of Spanish firms », BBVA, document de travail, n° 12/30.

DECRAMER, Stefaan, Catherine FUSS & Jozef KONINGS (2014), « How do exporters react to changes in cost competitiveness ? », BCE, document de travail, n° 1752.

FAGERBERG, Jan (1988), « International competitiveness », in The Economic Journal, vol. 98.

KALDOR, Nicholas (1978), « The effect of devaluations on trade in manufacturers », in Further Essays on Applied Economics.

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 18:26

Durant la Belle Epoque, la Belgique a enregistré une expansion sans précédents de son commerce extérieur. Au milieu du dix-neuvième siècle, elle exportait une gamme étroite de produits à une poignée de destinations ; à la veille de la Première Guerre mondiale, le nombre de produits belges exportés a plus que doublé, tout comme le nombre de destinations à l’export. La Belgique était ainsi devenue un « atelier du monde », tout comme le Royaume-Uni un demi-siècle plus tôt. Et pourtant, la croissance de sa productivité resta particulièrement faible. Cette énigme n’est pas spécifique à la Belgique. En effet, les études empiriques n’ont pas vraiment réussi à déceler si l’essor du commerce international s’était traduit par des gains en termes de production avant 1914. 

Plusieurs explications ont été avancées pour éclairer le fait que l’essor exponentiel des échanges internationaux n’ait pas entraîné une accélération de la croissance économique. Keven O’Rourke et Jeffrey Williamson (1999) popularisé l’usage du modèle de dotations factorielles pour suivre les dynamiques de commerce et de croissance au cours de la première mondialisation. Ils suggèrent ainsi que l’échange de ressources entre le Nouveau Monde et le vieux continent a favorisé la convergence des salaires réels. Michael Huberman, Christopher Meissner et Kim Oosterlinck (2015) notent que ce portrait de la Belle Epoque aurait surpris un transporteur à Anvers de l’époque, puisque les expéditions intra-industrielles étaient alors aussi importantes que les expéditions interindustrielles. D’autres auteurs se sont appuyés sur une structure ricardienne pour dégager les vecteurs de la première industrialisation. Ainsi, Peter Temin (1997) suggère que le progrès technique favorisa la supériorité du Royaume-Uni à l’export dans de nombreux secteur. Pourtant, Huberman et alii notent que, durant la seconde révolution industrielle, la carte des exportations collait assez mal avec celle de la productivité. Par exemple, une usine textile à Gand exportait des biens vers des pays à forte productivité tout comme vers des pays à faible productivité.

Enfin, dans les modèles à la Paul Krugman (1979), caractérisés par des rendements croissants et une préférence des consommateurs pour la variété, la poursuite de la croissance économique élargit l’éventail de biens produits et exportés. De tels modèles suggèrent qu’à la fin du dix-neuvième siècle, les activités de production industrielle et d’exportation auraient dû se concentrer dans les pays les plus larges et les plus riches, en l’occurrence le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne en raisons des économies d’agglomération et l’effet du marché domestique, tandis que les petites économies auraient dû se voir exclues de l’essentiel du commerce international. En raison de sa petite taille, la Belgique apparaît dans une telle modélisation comme une aberration. En effet, elle a vu la part exportée de son PIB augmenter deux fois plus rapidement que celle des grands pays riches, ce qui lui permit d’être le cinquième plus grand exportateur en Europe en 1900.

Huberman et ses coauteurs (2015a, b) ont cherché à expliquer ce qui s’apparente à un paradoxe dans le cas de la Belgique, afin de saisir plus finement la relation qu’entretenaient la mondialisation et la croissance économique avant 1914. Ils avancent l’idée qu’un déclin des coûts fixes fut un facteur explicatif du boom des échanges aussi important que le déclin des coûts variables (notamment les coûts de transport). Les grands pays ont un avantage naturel pour l’exportation des biens. La Belgique a su toutefois réduire ses coûts fixes à l’échange, notamment grâce au développement d’un puissant réseau diplomatique qui servit plus de 70 pays en 1910 et qui facilita ainsi l’exportation des produits belges vers ces derniers.

Les trois auteurs ont alors examiné l’effet des différents types d’entreprises et de la différenciation des produits sur le boom des échanges. Ce dernier fut plus intense dans les secteurs qui présentaient un degré élevé de différenciation des produits, parce que les marchés de ces biens furent moins concurrentiels ; il fut également plus important dans les secteurs au sein desquels les entreprises furent plus homogènes ou similaires, parce qu’un faible changement des coûts d’échange permettait à davantage de nouvelles entreprises d’entrer sur le marché, en particulier sur les marchés de biens différentiés. Dans les secteurs des nouvelles technologies, comme les tramways, le degré élevé d’hétérogénéité des entreprises amplifia l’impact du commerce sur la productivité. Par contre, dans d’autres secteurs, notamment les vieux secteurs comme le textile, le degré élevé d’uniformité des entreprises réduisit l’impact du commerce.

L’ouverture à l’échange devrait théoriquement conduire à l’élimination des entreprises les moins productives au profit des entreprises les plus productives, les ressources des premières étant alors réallouées vers les dernières [Melitz, 2003]. Cet effet positif n’a toutefois pas été le seul à jouer sur la productivité. En fait, en Belgique, la chute des coûts d’échange a incité des entreprises jusqu’alors non compétitives à se lancer dans l’activité à l’export. Au fur et à mesure que la part exportée du PIB s’accrut, la part des entreprises performantes se contracta, si bien que le revenu par tête ne connut alors qu’une croissance modeste. Contrairement aux prédictions théoriques, la mondialisation a eu l’effet de soutenir la vieille économie peu performante plutôt que d’entraîner une réallocation des ressources vers les nouveaux secteurs plus dynamiques.

 

Références

HUBERMAN, Michael, Christopher M. MEISSNER, & Kim OOSTERLINCK (2015a), « Technology and geography in the second industrial revolution: New evidence from the margins of trade », NBER, working paper, n° 20851.

HUBERMAN, Michael, Christopher M. MEISSNER, & Kim OOSTERLINCK (2015b), « Globalisation everywhere, except in the growth numbers: Pessimism reaffirmed? », in VoxEU.org, 6 février.

KRUGMAN, Paul (1979), « Increasing returns, monopolistic competition, and international trade », in Journal of International Economics, vol. 9.

MELITZ, Marc (2003), « The impact of trade on intra-industry reallocations and aggregate industry productivity », in Econometrica, vol. 71.

O'ROURKE, Kevin H., & Jeffrey G. WILLIAMSON (1999), Globalization and History: The Evolution of a Nineteenth-Century Atlantic Economy.

TEMIN, Peter (1997), « Two views of the British industrial revolution », in Journal of Economic History, vol. 57.

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