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14 août 2012 2 14 /08 /août /2012 10:45

Plusieurs économistes et responsables politiques voient dans l’existence de règles de politique budgétaire et de mécanismes de plafonnement des déficits ou dettes publics comme un moyen efficace de soumettre les gouvernements à la discipline budgétaire. La zone euro est dotée de telles règles budgétaires. En l’occurrence, un candidat à la zone euro doit maintenir équilibré, voire excédentaire le budget de ses administrations publiques en veillant notamment à avoir un déficit et une dette publics respectivement inférieurs à 3 % et 60 % du PIB. Une fois entré dans la zone euro, chaque Etat-membre est tenu de continuer à respecter ces critères budgétaires dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Si les années précédant la création de la monnaie unique ont vu une réduction des déficits vers les seuils exigés et une forte stabilisation des dettes publiques, le PSC s’est toutefois rapidement montré inefficace. Les pays européens ont notamment manqué de rééquilibrer leurs finances publiques en période de reprise de l’activité pour pleinement utiliser le budget comme outil de stabilisation macroéconomique en cas de ralentissement conjoncturel. L’intensification de la crise souveraine depuis 2010 a incité les gouvernements européens à se focaliser sur la seule consolidation budgétaire (au détriment de la croissance économique, pourtant élément crucial de stabilisation de l’endettement public) et pour cela à adopter de nouvelles règles budgétaires, notamment l’inscription de règles de budget équilibré dans leur Constitution.

Jeffrey Frankel et Jesse Schreger (2012) estiment que les erreurs commises par les agences budgétaires dans leurs prévisions, notamment de croissance, participent aux dérapages budgétaires. Ils ont entrepris l’analyse de 24 pays et s’interrogent à partir de ces données sur l’adéquation entre, d’une part, les prévisions gouvernementales du PIB et du solde budgétaire et, d’autre part, leur évolution effective au cours du temps. Ils cherchent notamment à estimer l’influence des règles budgétaires sur l’écart entre prévisions officielles et chiffres effectifs. L’objet de leur étude n’est pas de déterminer si les règles budgétaires permettent véritablement aux gouvernements de stabiliser plus efficacement leurs finances publiques, encore moins d’évaluer leurs répercussions macroéconomiques (voir par exemple Creel, Hubert et Saraceno [2012] pour une telle évaluation), mais de déterminer si ces règles leur permettent d’anticiper plus finement l’évolution de leur endettement et de la croissance économique. 

Plusieurs études se sont déjà penchées sur le décalage entre les prévisions officielles et les trajectoires effectives du PIB et de l’endettement public. Elles ont notamment mis en évidence que les agences budgétaires de l’union européenne ont généralement eu tendance ces dernières décennies à surestimer le taux de croissance domestique. C’est en particulier le cas des institutions allemandes et portugaises, tandis que le Royaume-Uni apparaît comme une exception. La Finlande, le Royaume-Uni et la Suède tendent de leur côté à surestimer leurs déficits budgétaires. Globalement, le suroptimisme dans les prévisions ex ante se traduit par de plus amples déficits ex post et notamment des déficits supérieurs à 3 % du PIB. Les niveaux effectifs de solde budgétaire atteints par les gouvernements soumis au PSC sont en moyenne inférieurs aux niveaux officiellement attendus ex ante. En l’occurrence, les gouvernements français, italien et portugais sont les membres de la zone euro les plus excessivement optimistes.

A partir d’un échantillon de 33 pays, Frankel (2011a, 2011b) a de son côté observé que les prévisions officielles de croissance et d’équilibre budgétaire que réalisent les agences gouvernementales sont biaisées vers le haut. L’écart entre le niveau attendu et le niveau effectif se révèle en outre d’autant plus important que les prévisions portent sur un horizon temporel éloigné. Puisque la croissance économique joue un rôle déterminant dans la dynamique du solde budgétaire, le biais dans les prévisions budgétaires trouve une explication dans le suroptimisme affiché par les conjoncturistes dans leurs prévisions de croissance. De plus, le biais apparaît plus important en période d’expansion de l’activité économique qu’en temps normal. L’anticipation d’une poursuite de la croissance n’incite pas les gouvernements à procéder immédiatement aux ajustements budgétaires. Enfin, les pays soumis à des règles budgétaires, notamment au PCS, formulent des prévisions de croissance et de déficit budgétaire relativement plus biaisées et plus corrélés avec les expansions conjoncturelles que les autres pays.

En poursuivant l’analyse, Frankel et Schreger (2012) confirment également que les prévisions budgétaires des gouvernements tendent à être excessivement optimistes. Le biais s’avère en outre d’autant plus élevé que le pays appartient à la zone euro, que le déficit budgétaire observé à l’instant de la conjoncture est important et que l’économie connaît une période d’expansion. De même, les gouvernements tendent également à se montrer excessivement optimistes dans leurs prévisions du PIB réel en période d’expansion. S’il est couramment admis que les membres de la zone euro tendent à excéder la limite des 3 % de déficit, notamment sur plusieurs années consécutives, peu d’entre eux s’attendent officiellement à un déficit excessif pour les années suivantes. Frankel et Schreger remarquent également que, en cas de respect des critères du PSC à l’instant où sont formulées les prévisions, ces dernières ne sont pas plus biaisées que dans les autres pays. Si les Etats-membres de la zone euro dénués de règles d’équilibre budgétaire présentent un plus large biais de suroptimisme que les pays non-membres, ce biais se trouve toutefois réduit par l’existence de règles fiscales. En particulier, lorsqu’un déficit public tend à dépasser 3 % du PIB, les règles nationales semblent dissuader le gouvernement de formuler des prévisions excessivement optimistes. De même, toujours en cas de franchissement du seuil imposé par le PSC, le biais de suroptimisme est également réduit lorsque les prévisions budgétaires sont réalisées par une institution budgétaire indépendante.

 

Références  Martin ANOTA 

CREEL, Jérôme, Paul HUBERT et Francesco SARACENO (2012), « Fallait-il renforcer le Pacte de stabilité et de croissance ? », note de l’OFCE, 27 février.

FRANKEL, Jeffrey (2011a), « Over-optimism in forecasts by official budget agencies and its implications », in Oxford Review of Economic Policy, vol. 27, n° 4.

FRANKEL, Jeffrey (2011b), « A Solution to Fiscal Procyclicality: The Structural Budget Institutions Pioneered by Chile », NBER working paper, n° 16945, avril.

FRANKEL, Jeffrey, & Jesse SCHREGER (2012), « Over-optimistic Official Forecasts in the Eurozone and Fiscal Rules », NBER working paper, n° 18283, août.

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11 août 2012 6 11 /08 /août /2012 20:10

La crise actuelle révèle toute l’incohérence institutionnelle de la construction européenne. La politique monétaire s’avère notamment incapable de stabiliser à elle seule l’activité de la zone, les dynamiques de l’endettement public ont incité les gouvernements à opter pour des stratégies de consolidation budgétaire et, plus fondamentalement, les déséquilibres macroéconomiques entre les différents pays-membres restent irrésolus. Pour beaucoup, si la zone euro ne veut pas connaître une situation prolongée de dépression, elle semble avoir à accepter davantage d’intégration économique ou bien se résoudre à l’éclatement. Emmanuel Farhi et Iván Werning (2012) ont analysé l’unification budgétaire d’économies partageant une devise commune. Une union monétaire génère selon eux des externalités et celles-ci appellent à des accords assurantiels entre les Etats-membres pour réaliser des transferts budgétaires vers les pays en difficulté.

Au sein d’une union monétaire, un choc macroéconomique affectant l’un de ses membres ne peut par définition être compensé par une variation du taux de change. La gestion efficace d’un tel choc asymétrique repose, selon Robert Mundell (1961), sur le déplacement des facteurs de production, en l’occurrence des travailleurs et des capitaux ; c’est alors leur parfaite mobilité qui conditionne l’optimalité de la zone monétaire. Ronald McKinnon (1969) met de son côté l’accent sur le degré d’ouverture des économies appartenant à l’union monétaire, tandis que Peter Kenen (1969) met l’accent sur la diversification de l’appareil productif, une spécialisation des économies compromettant leur ajustement aux chocs sectoriels. Pour Harry Johnson (1969) enfin, l’ajustement à un éventuel choc asymétrique doit se réaliser via des transferts budgétaires depuis les régions bénéficiant d’une situation économique favorable vers les régions frappées par le choc. C’est dans le sillage de la littérature sur les zones monétaires optimales et plus particulièrement la réflexion de Johnson que s’inscrivent les travaux de Farhi et Werning. Dans cette optique, les transferts publics participent tout d’abord à lisser la consommation. Mais outre ce rôle direct habituellement associé à l’assurance, ils stimulent également les dépenses en cas de récession et inversement à les réfréner en période de surchauffe.

Mundell (1973) et finalement les institutions européennes considérent que l’instauration d’une devise commune améliore le partage des risques en approfondissant les marchés financiers et en accroissant au sein de chaque pays-membre la détention d’actifs émis dans le reste de l’union monétaire. En cas de choc asymétrique, les revenus générés par la possession d’actifs émis par les régions non touchées par le choc viendraient jouer un rôle stabilisateur dans les régions affectées. Le lissage de la consommation serait ainsi permis par les seuls mécanismes d’ajustement par les marchés. Toutefois, selon Farhi et Werning, les bénéfices de l’assurance macroéconomique sont plus larges dans une union monétaire et l’intervention publique est nécessaire pour lui donner sa pleine efficacité. A partir d’un modèle d’inspiration nouvelle keynésienne, où la viscosité des prix et des salaires constituent la friction clé, ils montrent en effet qu’un mécanisme privé de partage du risque ne permet qu’une gestion inefficiente des chocs asymétriques et donc que la seule intégration financière s’avère insuffisante pour réaliser l’ajustement macroéconomique.

Même si les agents sont capables de s’assurer eux-mêmes sur des marchés d’actifs complets, l’intervention du gouvernement sur les marchés d’assurance macroéconomique demeure nécessaire. En effet, en l’absence d’intervention publique, les agents privés n’internalisent pas les effets de la stabilisation macroéconomique dans leurs choix de portefeuille et n’acquièrent donc pas le montant efficient d’assurance. La richesse financière affecte le niveau de dépenses des agents privés, qui elle-même influence à son tour la production et donc le revenu ou la richesse. L’insuffisante internalisation de ces effets macroéconomiques tend à exacerber les épisodes conjoncturels d’expansions et d’effondrements. L’intervention publique devient nécessaire pour pallier l’inefficacité du marché d’assurance privé. Si les marchés d’actifs privés s’avèrent complets, l’efficience peut être assurée avec l’instauration d’un système de taxation incitative influençant les choix de portefeuille des agents privés. Un gouvernement peut également prendre en charge le mécanisme d’assurance macroéconomique, soit en prenant lui-même les positions assurantielles nécessaires sur les marchés financiers, soit en s’accordant ex ante sur des transferts publics conditionnels ou « renflouements » avec les autres Etats-membres de l’union.

A présent, si les marchés financiers sont incomplets, hypothèse que privilégient les deux auteurs, les marchés d’assurance macroéconomique sont imparfaits ou n’existent tout simplement pas. Les transferts publics ex post ou renflouements conditionnels aux chocs expérimentés par chaque pays dessinent alors un mécanisme efficace d’assurance macroéconomique. Deux points complémentaires motivent l’unification budgétaire des unions monétaires. D’une part, l’union budgétaire permet aux Etats-membres de l’union monétaire d’obtenir un plus large accès à l’assurance. D’autre part, les transferts publics s’avèrent plus efficaces que ne l’aurait été le partage de risque privé si les marchés d’actifs étaient complets.

D’après les résultats de la modélisation réalisée par Farhi et Werning, l’asymétrie des chocs frappant les Etats-membres, la persistance de ces chocs et l’ouverture des économies membres influencent l’efficacité des transferts publics comme outil de stabilisation macroéconomique au sein d’une union monétaire. Si la politique monétaire est à même de contrer au niveau de l’ensemble de la zone les éventuels chocs symétriques, les transferts budgétaires apparaissent nécessaires dans la gestion des chocs asymétriques. Ils gagnent en outre en efficacité avec, d’une part, la persistance des chocs et, d’autre part, le degré de fermeture de l’économie.

 

Références  Martin ANOTA

CLEVENOT, Mickaël, & Vincent DUWICQUET (2011), « Partage du risque interrégional », in Revue de l’OFCE, n° 119, octobre.

FARHI, Emmanuel, & Iván WERNING (2012), « Fiscal unions », NBER working paper, n° 18280, août.

JOHNSON, Harry G. (1969), « The case for flexible exchange rates », in Federal Reserve of Saint Louis Review, vol. 51, n° 6.

KENEN, Peter (1969), « The theory of optimum currency Areas : an eclectic view », in R. Mundell & A.K. Swoboda (dir), Monetary problems of the international economy, Chicago.

McKINNON, Ronald (1963), « Optimum currency areas », in American Economic Review, vol. 53, n° 4.

MUNDELL, Robert (1961), « A theory of optimum currency areas », in American Economic Review, vol. 51, n° 4.

MUNDELL, Robert (1973), « The economics of common currencies », in H.G. Johnson & A.K. Swoboda (dir), Uncommon Arguments for Common Currencies.

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9 août 2012 4 09 /08 /août /2012 16:48

Pusieurs études ont cherché à évaluer le lien existant entre le climat et le développement économique. Elles font notamment apparaître que le revenu national diminue en moyenne de 8,5 % par degré Celsius ou encore le revenu par tête s’élève avec la distance avec l’équateur. La rigueur des conditions climatique contribuerait donc à appauvrir les nations et les activités productives tendraient à s’agglomérer dans les régions tempérées. Evaluer plus finement la relation entre température et croissance économique permet non seulement de saisir davantage les mécanismes du développement des nations, mais aussi d’apprécier une partie des dommages économiques associés au changement climatique. Une telle évaluation, bien qu’elle se focalise que sur la dimension économique des problèmes environnementaux, s’avère toutefois cruciale pour leur gestion au niveau mondial. Si les gouvernements ont une idée des coûts de mise en œuvre des politiques climatiques, notamment de leur impact immédiat sur la croissance de court terme, l’imprécision entourant les répercussions du réchauffement climatique les incite justement à différer l’adoption des mesures nécessaires à la réduction des émissions polluantes. Or, un tel retard pourrait ne pas seulement contribuer à accroître les dommages environnementaux, mais alourdirait aussi les coûts monétaires associés aux politiques climatiques.

En tentant d’identifier les effets des hausses de température sur les performances macroéconomiques des pays, les travaux de Melissa Dell, Benjamin Jones et Benjamin Olken (2012), s’inscrivent, d’une part, dans le débat entourant le rôle de la température dans le développement économique et, d’autre part, dans le débat autour des répercussions du réchauffement climatique. Leur étude identifie un important lien causal de la température sur le processus de développement en mettant en évidence qu’elle n’affecte pas seulement diverses composantes dans une économie, mais influence aussi fortement la production nationale. Les auteurs ont pour cela compilé les données de températures et précipitations pour chaque pays sur la période s’étalant de 1950 à 2003. Ils examinent alors la relation entre les variations annuelles des températures et précipitations dans un pays donné et les variations dans sa performance macroéconomique. Trois principaux résultats apparaissent alors de l’observation des fluctuations à court terme de la température et des précipitations au cours de ce demi-siècle.

Tout d’abord, les hausses de température ont de puissants et négatifs effets sur la croissance économique, dans le seul cas des pays en développement. Au sein de ces derniers, une hausse de la température d’un degré Celsius au cours d’une année donnée entraîne en moyenne une diminution du taux de croissance économique de 1,3 point de pourcentage. Les variations de température n’ont par contre pas d’effets significatifs sur la croissance économique des pays développés. En ce qui concerne les changements observés dans les précipitations, ceux-ci n’ont que des effets négligeables sur la croissance économique, autant pour les pays avancés que pour les pays en développement.

Ensuite, les hausses de température influencent potentiellement l’activité économique de deux manières, d’une part en influençant le niveau de production, notamment en affectant les rendements agricoles, et d’autre part en influençant le potentiel de croissance de l’économie, notamment en affectant le processus d’investissement et les institutions déterminantes dans la croissance de la productivité. Les chocs de température apparaissent avoir des effets persistants sur l’activité économique. Dans le cas des pays pauvres, l’élévation de la température n’impacte pas seulement leur niveau de production, mais elle diminue également leur taux de croissance. Le réchauffement apparaît avoir de larges répercussions, dans la mesure où même de faibles différences de rythmes de croissance ont de larges conséquences au cours du temps si elles persistent à moyen terme.

Tandis que les études antérieures se penchent essentiellement sur l’impact du réchauffement climatique sur le seul secteur agricole, Dell et alii élargissent la focale. Il apparaît alors que, si les hausses de température entraînent effectivement une contraction de la production agricole, elles tendent également à déprimer l’activité industrielle. Elles contribuent en outre à accroître l’instabilité politique dans les pays pauvres et par ce biais à réduire leur taux de croissance. Le ralentissement de la croissance et l’instabilité politique tendraient alors à se renforcer mutuellement. 

Les répercussions de long terme du changement climatique diffèrent quelque peu. D’un côté, les impacts économiques observés à court terme peuvent être atténués sur le long terme dans la mesure où les pays tendent à s’adapter aux nouvelles températures. De l’autre, le changement climatique exerce des effets supplémentaires de long terme, notamment en affectant les nappes phréatiques, la qualité de l’eau ou encore la santé, et avoir ainsi de plus larges impacts.

Au final, si l’étude ne parvient peut-être pas à capter certains effets non linéaires et phénomènes irréversibles qui se manifesteraient si la température franchit certains seuils, les schémas qu’elle met à jour s’avèrent robustes et déterminants pour l’architecture des politiques climatiques. Elle suggère notamment que la poursuite du réchauffement climatique va contribuer à élargir les écarts de revenu entre les pays développés et les pays en développement.

 

Références  Martin ANOTA

DELL, Melissa, Benjamin F. JONES & Benjamin A. OLKEN (2009), « Does climate change affect economic growth? », in VoxEU.org, 6 juin.

DELL, Melissa, Benjamin F. JONES & Benjamin A. OLKEN (2012), « Temperature Shocks and Economic Growth: Evidence from the Last Half Century », in American Economic Journal: Macroeconomics, vol. 4, n° 3, juillet.

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