Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
11 février 2017 6 11 /02 /février /2017 11:30
Petit aperçu du rôle des Etats-Unis dans l’économie mondiale

Ayhan Kose, Csilla Lakatos, Franziska Ohnsorge et Marc Stocker (2017) ont analysé le rôle des Etats-Unis dans l’économie mondiale. Ils se sont tout d’abord demandé quelle est l’importance des liens économiques entre l’économie américaine et le reste du monde. Ils rappellent que la population américaine est la troisième plus importante au monde. En 2016, le PIB américain s’élevait à 18.000 milliards de dollars en 2016, si bien que les Etats-Unis constituent la plus grande économie au monde, du moins aux taux de change du marché (cf. graphiques 1). Ils contribuent à plus de 25 % du PIB mondial, à environ 22% de la production mondiale et à un tiers de la capitalisation boursière. Depuis les années quatre-vingt, la part des Etats-Unis dans la production et le commerce est restée assez stable, alors qu’elle a eu tendance à diminuer dans les autres pays développés.

GRAPHIQUES 1  La taille des Etats-Unis vis-à-vis du reste du monde

Petit aperçu du rôle des Etats-Unis dans l’économie mondiale

En raison de la taille des Etats-Unis et de la force des liens liant ceux-ci au reste du monde, les chocs touchant l’économie américaine se transmettent au reste du monde via de multiples canaux. Le premier canal de transmission est celui du commerce international. En effet, les Etats-Unis contribuent à un dixième des flux commerciaux (cf. graphique 1b). En l’occurrence, ils représentent 14 % des importations mondiales de biens et 9 % des importations mondiales de services, si bien qu’ils constituent le premier exportateur et le premier importateur de biens et services. Les biens manufacturés constituent plus des trois quarts des importations américaines de biens ; le pétrole constitue l’essentiel du reste. Les deux tiers des importations américaines de biens manufacturés proviennent de Chine, de l’UE, du Mexique et du Canada. En outre, les Etats-Unis constituent la principale destination pour les exportations d’un cinquième des pays. L’essentiel du commerce américain s’opère sous le régime de la nation la plus favorisée, au droit de douane moyen de 3,5 %. En plus des accords multilatéraux, les Etats-Unis ont négocié 14 accords commerciaux bilatéraux ou régionaux avec 20 pays, qui représentent 32 % de leurs importations. Le plus important de ces accords est celui de l’ALENA, en vigueur depuis 1994.

Le deuxième canal est celui des liens financiers. Les marchés financiers américains les plus larges et les plus liquides au monde, mais en outre ils sont aussi très intégrés aux marchés internationaux. Les actifs et passifs internationaux ont fortement augmenté ces trois dernières décennies et représentent en moyenne désormais trois fois le PIB, soit le même niveau que dans les autres pays développés (cf. graphique 2b). Pour autant, les Etats-Unis constituent le plus grand débiteur et le plus grand créancier au monde. Ils contribuent à un cinquième des entrées et sorties d’IDE, si bien qu’ils sont la principale source et la principale destination des IDE. Le dollar américain constitue la devise la plus utilisée lors des échanges commerciaux et sur les marchés financières ; il constitue la première devise de réserve au monde.

GRAPHIQUE 2  Taille des marchés financiers et ouverture financière des Etats-Unis

Petit aperçu du rôle des Etats-Unis dans l’économie mondiale

Le troisième canal par lequel les chocs touchant l’économie américaine se transmettent au reste du monde est celui du marché des matières premières. Les Etats-Unis sont un grand producteur et consommateur de matières premières. En l’occurrence, ils sont redevenus le premier producteur de pétrole et de gaz naturels au cours des dernières années. Par exemple, ils réalisent 13 % de la production de pétrole mondiale. Ils contribuent également à plus d’un cinquième de la consommation mondiale de gaz naturel et de pétrole.

Kose et ses coauteurs se sont ensuite demandé dans quelle mesure les cycles d’affaires aux Etats-Unis sont synchronisés avec ceux du reste du monde. Ils confirment que les cycles d’affaires américains sont hautement synchronisés avec les cycles d’affaires mondiaux, en raison, d’une part, de la force des liens commerciaux et financiers qui relient les Etats-Unis au reste du monde et, d’autre part, de l’origine commune des chocs touchant à la fois les Etats-Unis et le reste du monde. Ainsi, les quatre récessions mondiales qui se sont produites depuis 1960 (en l’occurrence, celles de 1975, 1982, 1991 et 2009) ont coïncidé avec de sévères récessions américaines. Les cycles d’affaires américains sont toutefois davantage synchronisés avec les cycles d’affaires des autres pays développés qu’avec ceux des pays en développement, à l’exception toutefois du Mexique. La synchronisation est la plus élevée lorsque les Etats-Unis sont en récession. La croissance est souvent plus forte dans le reste du monde lorsque l’économie américaine est en expansion que lors des récessions américaines. 

Kose et ses coauteurs cherchent ensuite à déterminer l’ampleur des répercussions mondiales des chocs générés par l’économie américaine. Ils confirment qu’une accélération de la croissance américaine tend à stimuler l’activité économique dans le reste du monde, notamment via la hausse des importations. Leurs estimations suggèrent qu’une hausse de la croissance américaine de 1 point de pourcentage se traduit par une accélération de la croissance au cours de l’année suivante d’environ 0,8 point de pourcentage dans les autres pays développés et d’environ 0,6 point de pourcentage dans les pays en développement, soit de 0,7 point de pourcentage pour l’ensemble de l’économie mondiale. La réaction de l’investissement est encore plus ample. Ensuite, une hausse de l’incertitude à propos de l’orientation de la politique économique aux Etats-Unis déprime l’activité économique et l’investissement dans le reste du monde. En effet, une hausse soutenue de 10 % de l’incertitude autour de la politique économique américaine réduit la croissance de la production américaine de 0,15 point de pourcentage et la croissance de la production dans les pays en développement de 0,2 point de pourcentage.

En raison de l’importance du dollar dans le commerce mondial et les transactions financières, les variations de son taux de change ont de profondes implications au niveau mondial. Les épisodes d’appréciation du dollar tendent à coïncider avec le désendettement des banques étrangères, le resserrement des conditions de financement mondiales, une plus grande incidence les crises financières et un ralentissement de la croissance dans les pays en développement. La politique monétaire américaine a également de profondes répercussions sur le reste du monde, du fait de son impact sur l’activité domestiques et les marchés d’actifs. Un resserrement de la politique monétaire se traduit par une réorientation des flux de capitaux au détriment des Etats-Unis et en faveur du reste du monde, en particulier des pays en développement. Ainsi, une hausse des rendements obligataires à long terme américains réduit les flux de capitaux à destination des pays émergent de 20 à 45 %. Les effets négatifs associés au resserrement de la politique monétaire américaine et à l’appréciation du dollar sont en partie compensés par le fait que ces derniers surviennent lorsque l’économie américaine est en expansion, c’est-à-dire lorsque les importations américaines augmentent rapidement.

 

Référence

KOSE, M. Ayhan, Csilla LAKATOS, Franziska OHNSORGE & Marc STOCKER (2017), « The global role of the U.S. economy. Linkages, policies and spillovers », Banque mondiale, policy research working paper, n° 7962.

Partager cet article
Repost0
9 février 2017 4 09 /02 /février /2017 17:58
Et si, à l’âge des robots, le vieillissement démographique stimulait la croissance ?

Beaucoup ont affirmé que le vieillissement démographique tend à freiner la croissance économique. Ces craintes se sont faites encore plus insistantes ces dernières années, dans le contexte de stagnation de l’activité qui suivit la crise financière mondiale. Par exemple, Robert Gordon (2014) considère le vieillissement démographique comme le premier « vent contraire » (headwind) auquel la croissance des pays développés se trouvera confrontée ces prochaines décennies, au motif qu’il déprimerait le taux d’activité et la productivité des travailleurs. Tout comme Alvin Hansen (1938), Larry Summers (2014) donne un rôle crucial à la dynamique démographique pour affirmer que les pays développés font face à une stagnation séculaire ; en l’occurrence, le vieillissement de la population contribuerait à accroître l’épargne agrégée tout en réduisant l’investissement, ce qui freinerait la croissance économique en déprimant la demande globale.

Daron Acemoglu et Pascual Restrepo (2017b) estiment qu’une telle relation négative n’apparaît pas au niveau empirique. Pour aboutir à ce constat, ils s’appuient sur les données relatives à la période s’écoulant entre 1990 et 2015 et définissent le vieillissement démographique comme la hausse du ratio rapportant la population âgée de plus de 50 ans sur celle âgée de 20 à 49 ans. Depuis le début des années quatre-vingt-dix, l’instant où l’on considère que le vieillissement a commencé à faire effet dans les pays développés, il n’y a pas de corrélation négative entre le vieillissement et le PIB par tête. Selon certaines spécifications, les données suggèrent même une corrélation positive : les pays qui ont connu un vieillissement rapide de leur population auraient également connu une croissance économique plus rapide au cours des dernières décennies.

GRAPHIQUE  Corrélation entre le vieillissement et la croissance du PIB par tête (en dollars constants)

Et si, à l’âge des robots, le vieillissement démographique stimulait la croissance ?

source : Acemoglu et Restrepo (2017b)

Acemoglu et Restrepo suggèrent que ce constat contre-intuitif trouve une explication au niveau du progrès technique. En effet, ils notent que la période qui s’ouvre avec les années quatre-vingt-dix coïncide avec l’arrivée d’une gamme de nouvelles technologies se substituant à la main-d’œuvre. Les pays qui subissent un vieillissement rapide de leur population adopteraient plus rapidement l’une des principales technologies d’automation, en l’occurrence les robots industriels. En effet, les données relatives à 49 pays suggèrent une forte corrélation entre le vieillissement démographique et le nombre de robots par million d’heures travaillées sur la période qui s’écoule entre le début des années quatre-vingt-dix et 2015 [Acemoglu et Restrepo, 2017a].

Pour expliquer ces divers constats, les deux économistes s’appuient sur l’une de leurs précédentes analyses [Acemoglu et Restrepo, 2016]. Celle-ci suggérait qu’un manque d’offre de travail pouvait stimuler la création et l’adoption de technologies substituables avec la main-d’œuvre. En l’occurrence, lorsque le capital est suffisamment abondant, une pénurie de travailleurs jeunes ou d’âge intermédiaire peut tellement stimuler l’adoption de nouvelles technologies que les effets de cette pénurie de main-d’œuvre s’en trouvent neutralisés, voire inversés. Ainsi, Acemoglu et Restrepo en concluent que le vieillissement de la main-d’œuvre a beau déprimer l’offre de travail, il ne réduit pas forcément le PIB par tête et peut même stimuler la croissance économique.

 

Références

ACEMOGLU, Daron & Pascual RESTREPO (2016), « The race between machine and man: Implications of technology for growth, factor shares and employment », NBER, working paper, n° 22252.

ACEMOGLU, Daron & Pascual RESTREPO (2017a), « Demographics and robots: Theory and evidence », document de travail.

ACEMOGLU, Daron & Pascual RESTREPO (2017b), « Secular stagnation? The effect of aging on economic growth in the age of automation », NBER, working paper, n° 23077.

GORDON, Robert J. (2014), « The demise of U.S. economic growth: restatement, rebuttal, and reflections », NBER, working paper, n° 19895, février.

HANSEN, Alvin (1938), « Economic progress and the declining population growth », in American Economic Review, vol. 29, n° 1.

SUMMERS, Lawrence (2014), « U.S. economic prospects: Secular stagnation, hysteresis, and the zero lower bound », in Business Economics, vol. 49, n° 2.

Partager cet article
Repost0
7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 16:29
Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

Facundo Alvaredo, Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel Saez et Gabriel Zucman (2017) se sont appuyé sur une nouvelle base de données (World Wealth and Income Database) pour observer quelles ont été les grandes tendances dans la répartition du revenu et dans la répartition du patrimoine à travers le monde depuis le début du vingtième siècle, mais en gardant la focale au niveau national ; ils n’ont analysé ni les inégalités mondiales de revenu, ni les inégalités mondiales de patrimoine. En l’occurrence, ils se sont tout particulièrement penchés sur les différences qui existent dans l’évolution des inégalités de revenu et de richesse aux Etats-Unis, en Chine, en France et au Royaume-Uni.

Alvaredo et ses coauteurs confirment que le revenu national par adulte a fortement augmenté ces dernières décennies : entre 1978 et 2015, il a augmenté respectivement de 811 %, 59 % et 39 % aux Etats-Unis, en Chine et en France. Pour autant, cette tendance dissimule des évolutions très différentes selon la position dans la répartition. En l’occurrence, le revenu des plus riches a augmenté plus rapidement que le revenu du reste de la population, si bien que les inégalités de revenu ont eu tendance à augmenter.

GRAPHIQUE 1  Part du revenu national détenue par les 1 % les plus riches en Chine, aux Etats-Unis et en France

Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

source : Alvaredo et alii (2017)

La hausse des inégalités a en l’occurrence été particulièrement forte aux Etats-Unis ces dernières décennies [Piketty, Saez et Zucman, 2016]. En effet, la part du revenu national détenue par les 50 % les plus modestes a énormément diminué entre 1978 et 2015, puisqu’elle est passée de 20 % à 12 % (cf. graphique 2). Le revenu des 50 % les plus modestes a baissé de 1 % au cours de la période. Parallèlement, la part du revenu national détenue par les 1 % les plus riches est passée de 11 % à 20 % (cf. graphique 1). Autrement dit, la part du revenu national que détiennent les 50 % les plus modestes a été captée par les 1 % les plus riches. Dans les autres pays, notamment en Chine et surtout en France, la part détenue par les 50 % les plus modestes est restée bien plus élevée. En l’occurrence, en France, si les hauts revenus ont augmenté plus rapidement que le revenu moyen, les 50 % les plus modestes ont vu leur revenu s’accroître au même rythme que le revenu moyen, en l’occurrence de 39 % sur l’ensemble de la période entre 1978 et 2015.

GRAPHIQUE 2  Part du revenu national détenu par les 50 % les plus modestes en Chine, aux Etats-Unis et en France

Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

source : Alvaredo et alii (2017)

En Chine, alors que les données d’enquêtes suggèrent que les 1 % les plus riches possèdent 6,5 % du revenu national, la combinaison de ces données d’enquêtes avec les données fiscales suggèrent que les 1 % les plus riches possèdent environ 13 % du revenu national (cf. graphique 1). Cette part pourrait même être sous-estimée en raison de l’évasion fiscale et des faiblesses des données fiscales et de la comptabilité nationale en Chine. Alors que les inégalités de revenu étaient très faibles à la fin des années soixante-dix, elles se rapprochent désormais des niveaux observés aux Etats-Unis.

GRAPHIQUE 3 La hausse des ratios patrimoine sur revenu en Chine, aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne (richesse privée nette en % du revenu national)

Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

source : Alvaredo et alii (2017)

Alvaredo et ses coauteurs confirment les observations de Thomas Piketty et Gabriel Zucman (2013) : le ratio rapportant la richesse privée nette sur le revenu national a augmenté dans presque tous les pays au cours des dernières décennies (cf. graphique 3). Cette dynamique n’a pas été affectée par la crise financière de 2008. Le ratio a tout particulièrement augmenté en Chine : la richesse privée nette représentait à peine plus de 100 % du revenu national en 1978 ; elle représentait 450 % en 2015. Ainsi, le ratio patrimoine sur revenu de la Chine se rapproche des niveaux observés aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en France, où il dépasse les 500 %. Cette hausse généralisée des ratios patrimoine sur revenu a pu notamment s’expliquer par de forts taux d’épargne (s’expliquant quant à eux par des facteurs tels que le vieillissement démographique ou la hausse des inégalités), par une hausse des prix de l’immobilier et par une hausse des cours boursiers. Alvaredo et ses coauteurs mettent notamment l’accent sur le transfert de la richesse publique vers la richesse privée pour expliquer l’essor des ratios patrimoine sur revenu. Par exemple, en Chine, la part de la richesse publique dans la richesse nationale est passée de 70% à 35 % entre 1978 et 2015. Parmi les pays riches, c’est aux Etats-Unis, au Japon et au Royaume-Uni que la richesse publique nette est devenue négative ; celle-ci n’est que légèrement positive en Allemagne et en France. Or cette dynamique peut contribuer à limiter la capacité des gouvernements à redistribuer les revenus et à contenir la hausse des inégalités.

GRAPHIQUE 4  Part du patrimoine national détenue par les 1 % les plus aisés en chine, aux Etats-Unis, en France et en Grande-Bretagne

Comment ont évolué les répartitions nationales du revenu et du patrimoine depuis un siècle ?

source : Alvaredo et alii (2017)

Les parts du patrimoine détenues par les plus riches ont fortement augmenté aux Etats-Unis et en Chine au cours des dernières décennies, tandis qu’elles ont augmenté plus modérément en France et au Royaume-Uni (cf. graphique 4). Aux Etats-Unis, de plus fortes inégalités de revenu et une puissante stagnation des revenus pour les plus modestes ont pu contribuer à accroître fortement les inégalités de patrimoine. En Chine, la forte hausse des inégalités de patrimoine a pu s’expliquer par l’inégal accès des ménages chinois aux marchés boursiers. En France et au Royaume-Uni, la hausse des prix réels de l’immobilier ont pu avoir exercé un effet atténuateur, notamment pour les classes moyennes. Alvaredo et ses coauteurs jugent difficile de savoir si cette tendance à l’accroissement des inégalités de patrimoine va se poursuivre à l’avenir, dans la mesure où les inégalités de richesse dépendent des taux d’épargne entre les différents groupes de revenu et de richesse, de la répartition du revenu du travail, des taux de rendement de la richesse et de la progressivité de l’impôt sur le revenu et sur le patrimoine. Leurs simulations quantitatives suggèrent que les inégalités de richesse à long terme réagissent fortement à de faibles variations de ces paramètres. Autrement dit, les dynamiques des inégalités de patrimoine sont très instables à long terme.

 

Références

Alvaredo, Facundo, Lucas Chancel, Thomas Piketty, Emmanuel SAEZ & Gabriel ZUCMAN (2017), « Global inequality dynamics: New findings from WID.world », NBER, working paper, n° 23119, février.

PIKETTY, Thomas, Emmanuel SAEZ & Gabriel ZUCMAN (2016), « Distributional national accounts: Methods and estimates for the United States », NBER, working paper, n° 22945, décembre.

PIKETTY, Thomas, & Gabriel ZUCMAN (2013), « Capital is back: Wealth-income ratios in rich countries 1700-2010 », Paris School of Economics, document de travail.

Partager cet article
Repost0

Présentation

  • : D'un champ l'autre
  • : Méta-manuel en working progress
  • Contact

Twitter

Rechercher