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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 10:38
Pourquoi la finance se développe-t-elle au détriment de la croissance ?

En théorie, le système financier favorise la croissance économique en facilitant la mobilisation de l’épargne, en favorisant le partage des risques et la couverture des agents contre ces derniers, en contribuant à allouer les ressources vers leur usage le plus productif, en surveillant l’investissement, en améliorant la gouvernance d’entreprise, en facilitant les échanges de biens et services, etc. [Levine, 2005].

La crise financière mondiale a profondément remis en question l’idée que le développement financier favorise la croissance économique ou tout du moins qu’il ait un impact linéaire sur celle-ci. Il peut y avoir plusieurs canaux à travers lesquels des niveaux avancés de développement financier peuvent nuire à la croissance économique. En augmentant la fréquence et l’ampleur des booms, un développement excessif de la finance accroît la fréquence et l’ampleur des effondrements du crédit et des prix d’actifs, or ces derniers entraînent de sévères récessions et freinent durablement la croissance suite à la reprise de l’activité. En l’occurrence, un boom a tendance à divertir les ressources financières vers des activités spéculatives, ce qui accroît le risque de crise financière et fragilise l’ensemble de l’économie. Un excès de finance peut également priver les secteurs productifs de main-d’œuvre qualifiée en allouant excessivement cette dernière dans le secteur financier, ce qui détériore l'innovation et la croissance à long terme. Certains ont même suggéré qu’un large secteur financier est tout particulièrement exposé à l’aléa moral et à l’extraction de rentes, deux dynamiques qui contribuent également à une mauvaise allocation des ressources.

De nombreux travaux empiriques ont confirmé l’idée d’une relation non linéaire entre développement financier et croissance économique. En observant un large échantillon de pays développés et en développement, Stephen Cecchetti et Enisse Kharroubi (2012) constatent que le niveau de développement financier ne stimule la croissance que jusqu’à un certain point, à partir duquel il tend au contraire à la freiner. Lorsque le crédit accordé par les banques au secteur privé représente plus de 90 % du PIB, tout nouvel accroissement du crédit bancaire tend à réduire la croissance. En outre, la croissance rapide du secteur financier se révèle nocive à la croissance de la productivité agrégée dans les pays développés. La croissance du secteur financier affecte de façon disproportionnée les secteurs qui sont soit financièrement dépendants, soit intensifs en recherche-développement. Jean-Louis Arcand, Enrico Berkes et Ugo Panizza (2012) rapportent des résultats similaires. La finance commence à avoir un effet négatif sur la croissance de la production lorsque le crédit représente plus de 100 % du PIB.

Joshua Aizenman, Yothin Jinjarak et Donghyun Park (2015) ont observé la relation entre la profondeur financière et la croissance de la production en utilisant des données sur la croissance de la production de dix secteurs dans 41 pays, notamment 9 pays d’Amérique latine et 11 pays d’Asie de l’est. Lorsqu’ils observent des pays de niveau de vie similaire, Aizenman et ses coauteurs constatent de larges écarts en ce qui concerne l’impact de la profondeur financier sur la croissance sectorielle et confirment que l’approfondissement financier freine la croissance de la production dans plusieurs secteurs. Les résultats confirment que l’impact du développement financier sur la croissance sectorielle puisse être non linéaire, c’est-à-dire qu’il ne promeut la croissance que jusqu’à un certain point avant de se révéler nuisible à celle-ci.

Dans une récente étude du FMI, Ratna Sahay et alii (2015) observent un échantillon de 128 pays au cours de la période 1980-2013. Ils confirment une relation en forme de cloche entre le développement financier et la croissance : le développement financier stimule tout d’abord la croissance, mais les effets s’affaiblissent à des niveaux de développement financier élevés et ils deviennent finalement négatifs. Il n’y a pas un unique point seuil pour l’ensemble des pays ou à un instant donné dans le temps. Plusieurs pays ont déjà dépassé le point tournant et connaissent un développement financier excessif ; c’est par exemple le cas de l’Irlande, des Etats-Unis et surtout du Japon. Inversement, la poursuite du développement financier peut encore contribuer à stimuler la croissance dans des pays en développement comme l’Equateur ou la Gambie.

L’observation de deux composantes de la croissance, en l’occurrence de la productivité totale des facteurs et l’accumulation des capitaux, suggère qu’un excès de finance nuit à la croissance économique en freinant la croissance de la productivité totale des facteurs. Des niveaux élevés de développement financier n’empêchent pas l’accumulation du capital, mais ils réduisent l’efficacité de l’investissement. En fait, à des niveaux élevés de développement financier, la finance continue à remplir ses fonctions de mobilisation de l’épargne et de facilitation des transactions, mais elle ne parvient plus à assurer efficacement ses fonctions d’allocation des ressources financières vers des activités productives. 

Ratna Sahay et ses coauteurs confirment également que la relation entre le développement financier et la stabilité économique est également non linéaire. Le développement financier diminue tout d’abord la volatilité de la croissance, dans la mesure où il permet une expansion des opportunités pour une gestion et une diversification des risques efficace. Après un certain point, la volatilité commence à s’accroître à nouveau. Le point tournant sur la courbe de la volatilité de la croissance du PIB est très proche de celui de la courbe de croissance du PIB précédent. Cela suggère qu’il y a une large gamme de niveaux de développement financier qui promeuvent à la fois la croissance économique et la volatilité économique. Un rythme plus rapide d’approfondissement financier se traduit par un plus grand risqué de crise et d’instabilité macroéconomique. Une croissance plus rapide des institutions s’accompagne d’une plus grande prise de risque et d’un accroissement du levier d’endettement, en particulier lorsque le système financier est peu réglementé et supervisé.

Stephen Cecchetti et Enisse Kharroubi (2015) confirment qu’une hausse exogène de la finance réduit la croissance de la productivité totale des facteurs en bénéficiant disproportionnellement aux projets à faible productivité. Les deux auteurs construisent alors un modèle où la croissance financière et la croissance réelle interagissent. Lorsque des travailleurs qualifiés travaillent dans un secteur ils génèrent une externalité négative sur l’autre secteur. Les institutions financières qui embauchent des travailleurs qualifiés peuvent prêter plus aux entrepreneurs que celles qui ne le font pas. Avec un financement plus abondant et moins cher, les entrepreneurs sont incités à investir dans des projets avec fort garantie, mais à faible productivité, ce qui réduit leur demande pour la main-d’œuvre qualifiée. Inversement, les entrepreneurs qui embauchent des travailleurs qualifiés investissent dans des projets à rendement élevé, mais ayant de faible garantie pour les institutions financières. Dans ce cas, les institutions financières ne sont pas incitées à embaucher des travailleurs qualifiés car les bénéfices tirés d’une expansion du crédit sont limités par le fait que les projets des entrepreneurs présentent de faible garantie. Cette externalité négative peut entraîner des équilibres multiples. A l’équilibre où les institutions financières emploient les travailleurs qualifiés, c’est-à-dire où le secteur financier croît rapidement, la croissance de la productivité totale des facteurs est plus lente qu’à l’équilibre où les entrepreneurs attirent la main-d’œuvre qualifiée, car l’expansion financière bénéficie de façon disproportionnée aux projets à haut collatéral et faible productivité. Par rapport à l’optimum social, les booms financiers au cours desquels la main-d’œuvre qualifiée est embauchée dans le secteur financier sont sous-optimaux lorsque les agents financiers disposent d’un large pouvoir de négociation. Les résultats de cette modélisation sont cohérents avec le fait que la croissance financière blesse disproportionnellement les secteurs intensifs en R&D et dépendants de la finance.

 

Références

AIZENMAN, Joshua, Yothin JINJARAK & Donghyun PARK (2015), « Financial development and output growth in developing Asia and Latin America: A comparative sectoral analysis », NBER, working paper, n° 20917, janvier.

ARCAND, Jean-Louis, Enrico BERKES & Ugo PANIZZA (2012), « Too much finance? », FMI, working paper, n° 12/61.

CECCHETTI, Stephen G., & Enisse KHARROUBI (2012), « Reassessing the impact of finance on growth », BRI, working paper, n° 381.

CECCHETTI, Stephen G., & Enisse KHARROUBI (2015), « Why does financial sector growth crowd out real economic growth? », BRI, working paper, février.

LEVINE, Ross (2005), « Finance and growth: theory and evidence », in Aghion & Durlauf (dir.), Handbook of Economic Growth, Elsevier. 

SAHAY, Ratna, Martin ČIHÁK, Papa N’DIAYE, Adolfo BARAJAS, Ran BI, Diana AYALA, Yuan GAO, Annette KYOBE, Lam NGUYEN, Christian SABOROWSKI, Katsiaryna SVIRYDZENKA & Seyed Reza YOUSEFI (2015), « Rethinking financial deepening: Stability and growth in emerging markets », FMI, staff discussion note, n° 15/08, mai.

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 19:35

En s’appuyant dans sur les enquêtes menées dans plusieurs pays, Vladimir Gimpelson et Daniel Treisman montrent que les populations ont eu ces dernières années une représentation erronée de la répartition nationale des revenus : ils ne connaissent pas le degré d’inégalités, ils ne connaissent pas leur évolution réelle et ils ont du mal à se positionner sur l’échelle des revenus. Ces résultats demeurent lorsque les auteurs utilisent des sources de données alternatives, d’autres définitions ou d’autres instruments de mesure. Par exemple, les perceptions ne sont pas plus exactes si elles portent sur la richesse plutôt que sur le revenu. 

Gimpelson et Treisman s’appuient notamment sur l’enquête qui a été réalisée en 2009 dans 40 pays dans le cadre du programme international d’enquêtes sociales. Celle-ci a demandé à chaque sondé quelle serait la forme de la répartition du revenu nationale parmi cinq formes proposées, par exemple, si elle était en forme de diamant, de sablier, de pyramide, etc. (cf. schéma). Les réponses diffèrent fortement d’un pays à l’autre. Par exemple, si 68 % des Lettons pensent que leur société ressemble à une pyramide (de type A), ce n'est le cas de seulement 2 % des Danois ; 56 % des Danois pensent que leur société a la forme d’un diamant (de type D), puisqu'ils estiment que la majorité d'entre eux se situent au niveau intermédiaire.

 

Les inégalités et leur perception

Or les répondants ont bien du mal à saisir la forme exacte de la répartition du revenu national. En ce qui concerne la répartition des revenus après redistribution, la proportion de réponses correctes est comprise entre 5 % en Ukraine (dont la majorité des habitants surestime les inégalités) à 61 % en Norvège parmi les 40 pays étudiés. La majorité ne choisit la bonne réponse que dans 5 pays. Dans 5 pays, en l’occurrence en Estonie, en République slovaque, en Croatie, en Hongrie et en Ukraine, plus de 90 % des habitants optent pour une réponse erronée.

Les sondés se trompent également souvent lorsqu’ils se représentent la rémunération de diverses professions, en particulier les professions les plus rémunérées. Dans plusieurs pays européens, une part significative de la population pense que la pauvreté est soit plus élevée, soit plus faible qu’elle ne l’est en réalité. Lorsque Gimpelson et Treisman utilisent plusieurs mesures alternatives, ils constatent au mieux qu’une faible corrélation entre le niveau réel des inégalités et son niveau perçu dans chaque pays.

Pour déterminer si les gens parviennent bien à se placer sur l’échelle des revenus, Gimpelson et Treisman s’appuient sur les données du Life in Transition Survey couvrant 34 pays (notamment 29 pays émergents) et du World Values Survey couvrant 58 pays. Selon le Life in Transition Survey, dans la majorité des pays, 40 % des sondés estiment se situer dans les 5ème et 6ème déciles, alors que celles-ci captent par définition 20 % de la population. Dans les enquêtes du World Values Survey, les deux tiers des répondants pensent qu’ils sont dans la moitié inférieure de la répartition du revenu nationale. Certaines questions d’enquête se focalisent sur la propriété des biens durables et notamment de logement. En général, moins d’un sondé sur dix indique que sa famille possède une résidence secondaire, signe d’un patrimoine relativement élevé. Pourtant, 60 % des propriétaires de résidence secondaire se situent dans la moitié inférieure de la répartition des richesses. Cette proportion diminue dans les pays développés, mais elle reste élevée : en France, en Italie et en Grande-Bretagne, 40 % des propriétaires d’une résidence secondaire se considèrent comme étant situés dans la moitié inférieure de la répartition des richesses. A l’autre extrême, les plus pauvres ont également du mal à se situer dans la répartition des revenus et richesses. Par exemple, si les bénéficiaires de revenu d’assistance se situent dans la moitié inférieure de la répartition du revenu national, ils estiment rarement se situer dans l’ultime décile. Au final, les enquêtes montrent que les riches ont tendance à se considérer comme plus pauvres qu’ils ne le sont vraiment, tandis que les pauvres ont tendance à se considérer comme plus riches qu’ils ne le sont.

Au cours des dernières années, dans chaque pays, les sondés ont eu tendance à considérer que les inégalités et la pauvreté augmentaient. Concernant la répartition du revenu, les répondants n’identifient le sens du changement seulement à peine mieux qu’ils ne l’auraient fait en donnant une réponse au hasard. La proportion de sondés convaincue que les écarts de richesse augmentent n’est pas plus large dans les pays où elles ont augmenté le plus rapidement. Même dans les pays où la part du revenu nationale rémunérant les 10 % ou les 1 % les plus riches a diminué, les répondants croient qu’elle a augmenté.

Si la population n’a pas idée de la répartition exacte des revenus, il est alors probable que celle-ci ne permet pas de prédire les préférences et comportements politiques ; par contre, ces dernières peuvent être influencées par la représentation des inégalités que s’en fait la population. En l’occurrence, peu de preuves empiriques confirment l’idée d’un lien entre, d’une part, le degré courant des inégalités et, d’autre part, les revendications pour un approfondissement de la redistribution des revenus ou les perceptions de conflits de classe. Par contre, Gimpelson et Treisman montrent que c’est le niveau perçu des inégalités qui est corrélé avec la demande de redistribution : plus la population considère que la répartition du revenu national est inégalitaire, plus elle exige une forte redistribution des revenus.

 

Référence

FORSE, Michel, & Maxime PARODI (2011), « La perception des inégalités en France depuis dix ans », in Revue de l'OFCE, n° 118, juillet.

GIMPELSON, Vladimir, & Daniel TREISMAN (2015), « Misperceiving inequality », NBER, working paper, n° 21174, mai.

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 18:04

De plus en plus d’études se penchent sur les liens entre culture et croissance économique. Une partie de cette littérature s’est plus étroitement focalisée sur les liens entre religion et croissance. Par exemple, Robert Barro et Rachel McCleary (2003) se sont appuyés sur les données d’enquêtes internationales sur la religiosité dans un large échantillon de pays pour déterminer les effets de la fréquentation des lieux de culte et des croyances religieuses sur la croissance économique. Leurs résultats suggèrent que la croissance économique est favorisée par les croyances religieuses, notamment les croyances en l’existence du paradis et de l’enfer, mais défavorisée par la fréquentation des lieux de culte. Luigi Guiso, Paola Sapienza et Luigi Zingales (2003) sont parvenus à des conclusions similaires. Ces trois auteurs ont étudié divers attitudes économiques vis-à-vis de la coopération, du gouvernement, du travail des femmes, de la législation, de l’épargne et de l’économie de marché. Ils ont constaté que les croyances religieuses étaient en moyenne associées à de « bonnes » attitudes économiques, c’est-à-dire propices à un PIB par habitant plus élevé et à une plus forte croissance économique.

Parce qu'elles ne prônent pas les mêmes valeurs, ni les mêmes normes de comportement, il est probable que les réligions n'exercent pas la même influence sur l'activité économique. Il y a plus d’un siècle, Max Weber avait noté une affinité entre l’éthique protestante et l’esprit du capitalisme. Selon lui, les préceptes protestants auraient incité les fidèles à adopter une approche plus rationnelle du monde, mais aussi à travailler et à épargner davantage. La diffusion du protestantisme aurait alors favorisé l’essor du capitalisme. La thèse de Weber n’a pas seulement généré une ample littérature en sociologie en suscitant de profondes controverses ; elle a également inspiré au cours des dernières décennies de nombreux travaux en économie sur les liens entre religion et croissance. Tiago Cavalcanti, Stephen Parente et Rui Zhao (2007) confirment que les différences entre catholicisme et protestantisme peuvent expliquer pourquoi l’Europe du nord s’est industrialisée et développée avant l’Europe du sud. S’inspirant également des travaux de Weber, les économistes Sascha Becker et Ludger Woessmann (2009) ont suggéré que les économies protestantes ont prospéré parce qu’elles étaient plus favorables à l’accumulation du capital humain : en appelant les protestants à lire la Bible par eux-mêmes, Luther a pu encourager une alphabétisation essentielle à l’accumulation des connaissances et aux activités économiques. Les données relatives à la Prusse de la fin du dix-neuvième siècle confirment qu’elle a non seulement connu une plus grande prospérité économique, mais aussi une meilleure éducation. Becker et Woessmann constatent que la forte alphabétisation des protestants peut expliquer les écarts de prospérité observés à l’époque d’un pays à l’autre. Contrairement à ce que pensait Weber, le protestantisme a favorisé le développement économique, non pas en favorisant le travail et l’accumulation du capital physique, mais en favorisant l’accumulation du capital humain.

Jusqu’à récemment, les liens entre la religion et l’innovation, l’un des moteurs de la croissance à long terme, avait été délaissé. En prenant le nombre de brevets déposés par habitant pour mesurer le degré d’innovation, Roland Bénabou, Davide Ticchi et Andrea Vindigni (2015b) ont décelé une relation négative entre la religiosité et l’innovation, aussi bien à travers une analyse des Etats-Unis qu’au travers les comparaisons internationales. Ce résultat est robuste, puisqu’il subsiste lorsque les trois auteurs mesurent la religiosité en prenant différents indicateurs ; il persiste après avoir pris en compte le niveau de revenu par la tête, la population, la part de la population diplômée du supérieur, la protection des droits de brevets, l’investissement étranger et la liberté religieuse. Dans une étude parallèle, Bénabou et alii (2015a) ont examiné la relation entre la religiosité et un vaste ensemble d’attitudes favorables ou défavorables à l’innovation, en utilisant les résultats de la World Values Survey entre 1980 et 2005. Ils s’appuient en l’occurrence sur cinq indicateurs de religiosité, ainsi que sur onze indicateurs d’ouverture individuelle à l’innovation, notamment les attitudes envers la science et la technologie, la prise de risque, etc. Leur étude suggère qu’une plus grande religiosité est associée à une moindre inclinaison envers l’innovation. Bénabou et ses coauteurs ne rejettent pas l’idée que la religion puisse favoriser la croissance : si elle freine l’innovation, elle peut favoriser d’autres moteurs de la croissance, notamment la confiance.

 

Références

BARRO, Robert J., & Rachel M. MCCLEARY (2003), « Religion and economic growth across countries », in American Sociological Review, vol. 68, n° 5.

BECKER, Sascha O., & Ludger WOESSMANN (2009), « Was Weber wrong? A human capital theory of protestant economic history », in Quarterly Journal of Economics, vol. 128, n° 4.

BÉNABOU, Roland, Davide TICCHI & Andrea VINDIGNI (2015a), « Religion and innovation », NBER, working paper, n° 21052, mars.

BÉNABOU, Roland, Davide TICCHI & Andrea VINDIGNI (2015b), « Forbidden fruits: The political economy of science, religion, and growth », NBER, working paper, n° 21105, avril.

CAVALCANTI, Tiago V., Stephen L. PARENTE & Rui ZHAO (2007), « Religion in macroeconomics: A quantitative analysis of Weber’s thesis », in Economic Theory, vol. 32, n° 1.

The Economist (2015), « No inspiration from above », 15 mars.

GUISO, Luigi, Paola SAPIENZA & Luigi ZINGALES (2003), « People’s opium? Religion and economic attitudes », in Journal of Monetary Economics, vol. 50, n° 1.

WEBER, Max (1905), L’Ethique protestante et l’Esprit du capitalisme.

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