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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 18:48

Le nombre de personnes déplacées de force à travers le monde a atteint 60 millions à la fin de l’année 2014, soit le chiffre le plus élevé au cours des sept dernières décennies. Parmi eux, 14,4 millions sont des réfugiés. Ce chiffre est en hausse de 25 % par rapport à 2013, notamment à cause des conflits en Syrie et dans le reste du Moyen-Orient. Par conséquent, au cours des 10 premiers mois de l’année 2015, il y a eu environ 995.000 demandeurs d’asile en Union européenne, soit deux fois plus qu’au cours de la même période en 2014. Ces demandes d’asile se sont concentrées en Allemagne, en Hongrie et en Suède. Le nombre de demandes d’asiles dépasse les précédents pics atteints lors de la chute du Mur de Berlin et du conflit en Yougoslavie. 

Dans une contribution pour le FMI, Shekhar Aiyar et ses coauteurs (2016) sont cherché à déterminer les répercussions macroéconomiques de l’actuelle vague de réfugiés à destination des pays européens. A court terme, ils estiment que l’afflux de réfugiés ne devrait se traduire que par une accélération limitée de la croissance du PIB. L’entrée progressive des réfugiés sur le marché du travail va permettre d’accroître l’offre de travail, donc d’accroître la production potentielle, mais elle va aussi pousser les salaires à la baisse, également les salaires des autochtones, donc freiner par ce biais-là la demande globale. D’un autre côté, les réfugiés eux-mêmes vont contribuer à accroître la demande globale. En outre, les dépenses publiques supplémentaires pour assurer la fourniture de services d’accueil et de soutien aux demandeurs d’asile, notamment en termes de logement, d’alimentation, de soins et d’éducation, vont également accroître la demande globale. Ce supplément de dépenses va représenter 0,05 % du PIB en 2015 et de 0,1 % du PIB en 2016.  Au final, selon les estimations d’Aiyar et alii, l’afflux de réfugiés va contribuer à accroître le PIB de 0,05 %, de 0,09 % et de 0,13 % respectivement en 2015, 2016 et 2017. La première année, l’impact sur la production serait associé aux seules répercussions du surcroît de dépenses publiques sur la demande globale. Ces effets macroéconomiques sont concentrés dans les principaux pays de destination : en 2017, les PIB de l’Autriche, de l’Allemagne et de la Suède s’en trouveront respectivement accrus de 0,5 %, de 0,3 % et de 0,4 %.

L’impact sur la croissance à moyen et long terme dépendra du degré d’intégration des demandeurs d’asile sur le marché du travail. Si l’intégration réussit, c’est-à-dire si les écarts entre réfugiés et natifs se réduisent au cours du temps, alors le niveau du PIB en 2020 pourra être supérieur de 0,5 % pour l’ensemble de la zone euro, d’après les estimations d’Aiyar et alii. Mais si l’intégration ne réussit pas, non seulement les gains en termes de PIB seront plus faibles, mais les taux de chômage et l’endettement public seront poussés à la hausse.

La littérature économique sur l’intégration des immigrés sur le marché du travail suggère que cette intégration s’opère lentement. Les immigrés ont de plus faibles taux d’emploi, taux d’emploi et salaires que les autochtones. Ces écarts sont particulièrement élevés au cours des premières années suivant l’immigration, puis ils se réduisent au fur et à mesure que les immigrés acquièrent de nouvelles compétences et maîtrisent davantage la langue du pays d’accueil. Mais si les immigrés arrivent à une période où le taux de chômage est particulièrement élevé, leurs taux d’emploi et leurs salaires en seront durablement affectés. Or plusieurs pays européens sont précisément caractérisés par des niveaux élevés de chômage et ces derniers devraient perdurer dans la mesure où la reprise demeure atone. Les réfugiés privilégient toutefois comme destinations les pays qui ont précisément les plus faibles taux de chômage. Aiyar et alii notent toutefois que, par le passé, les immigrés qui avaient le même pays d’origine que les demandeurs d’asile d’aujourd’hui ont fait face à plus de difficultés pour s’intégrer sur le marché du travail que les autres immigrés. Les immigrés nés en Afghanistan, en Iran, en Iraq, en Syrie, en Somalie, en Erythrée et dans l’ancienne Yougoslavie étaient notamment moins éduqués en moyenne que les natifs ou les autres immigrés. 

L’impact budgétaire net des immigrés dépendra crucialement de la réussite de leur intégration sur le marché du travail. Pour évaluer cet impact, il faut notamment comparer, d’une part, le montant des prélèvements obligatoires versés par les immigrés et, d’autre part, le montant des dépenses publiques et prestations sociales dont ils sont les bénéficiaires. Si les réfugiés sont rapidement embauchés, ils contribuent davantage aux prélèvements obligatoires et bénéficient moins de prestations sociales. L’afflux de réfugiés peut également modifier le montant de prélèvements obligatoires versés par les autochtones et le montant des dépenses publiques et des prestations sociales dont ces derniers sont les bénéficiaires. Par exemple, il peut accroître le chômage des autochtones et réduire leurs salaires, ce qui réduit les prélèvements obligatoires versés par ces derniers et accroît les prestations sociales dont ils sont les bénéficiaires.

GRAPHIQUE  Impact budgétaire net des immigrés (moyenne sur 2007-2009, en % du PIB)

Quel sera l’impact macroéconomique de l’afflux de réfugiés ?

source : FMI (2016)

Les épisodes passés d’immigrations massives montrent que ces dernières tendent à être associées à une faible contribution positive aux finances publiques, mais l’intervalle des estimations est très large. Par exemple, selon l’OCDE (2013), entre 2007 et 2009, la contribution budgétaire moyenne de la population immigrée dans les pays avancés s’élève à 0,35 % du PIB, mais elle est négative dans des pays comme la France et l’Allemagne (cf. graphique). En outre, il n’y a pas de lien significatif entre l’impact budgétaire net de l’immigration et la part des immigrés dans la population à un moment donné. Surtout, l’impact budgétaire des immigrés change au cours de leur vie, si bien qu’il dépend étroitement de la structure en termes d’âge de la population immigrée. Tout comme les autochtones, les immigrés contribuent surtout au Budget lorsqu’ils sont au milieu de leur vie active. Enfin, la contribution budgétaire des réfugiés est moins favorable que celle des immigrés économiques.

Par conséquent, Aiyar et alii en concluent que l’impact budgétaire net de l’actuelle vague d’immigrés est difficile à prédire. Les nouveaux immigrés tendent à être plus jeunes et à avoir de plus hauts taux de fertilité que les autochtones, ce qui contribue positivement au Budget. Si les immigrés sont peu qualifiés, comme le suggèrent les rares données disponibles, alors leur contribution budgétaire sera moins que celle des précédents immigrés ou celle des autochtones. Comme le chômage est élevé dans plusieurs pays-membres, l’intégration des immigrés prendra plus de temps, ce qui réduit la contribution budgétaire aussi bien des immigrés que des autochtones. Toutefois, l’afflux d’immigrés pourrait contribuer à freiner le vieillissement démographique, dont alléger l’impact de ce dernier tant sur les finances publiques que sur la croissance potentielle. Aiyar et alii estiment toutefois que cet effet positif sera limité.

 

Références

AIYAR, Shekhar, Bergljot BARKBU, Nicoletta BATINI, Helge BERGER, Enrica DETRAGIACHE, Allan DIZIOLI, Christian EBEKE, Huidan LIN, Linda KALTANI, Sebastian SOSA, Antonio SPILIMBERGO & Petia TOPALOVA (2016), « The refugee surge in Europe: Economic challenges », FMI, staff discussion note, n° 16/02.

OCDE (2013), « L’impact fiscal de l’immigration dans les pays de l’OCDE », Perspectives des migrations internationales 2013.

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17 janvier 2016 7 17 /01 /janvier /2016 22:31

L’intégration monétaire constitue l’une des étapes les plus avancées dans le processus d’intégration européenne. Les créateurs de la monnaie unique affirmaient qu’elle stimulerait les échanges et le niveau de vie des pays qui l’adopteraient. Puisqu’ils utilisent désormais la même monnaie, les habitants des divers pays-membres n’ont plus à convertir leur monnaie lorsqu’ils commercent entre eux, si bien qu’ils économisent en coûts de conversion. Comme les taux de change disparaissent, les coûts qu’occasionnait l’incertitude entourant leurs variations futures (notamment les coûts de couverture) disparaissent. Maintenant que les prix des différents pays-membres sont libellés dans la même devise, les résidents peuvent plus facilement mettre les entreprises en concurrence, ce qui incite ces dernières à baisser leurs prix et à innover. La baisse des coûts, la réduction de l’incertitude et le surcroît de transparence devraient alors stimuler les échanges et la croissance du niveau de vie.

Dans une célèbre étude où il observait les performances des précédentes unions monétaires, Andrew Rose (2000) a estimé que la création d’une union monétaire entraînait un triplement des échanges. En utilisant les données relatives à 217 pays sur la période s’étalant entre 1948 et 1997, Reuven Glick et Andrew Rose (2001) estimaient que la création d’une union monétaire entraînait un doublement des échanges des pays-membres. Les diverses études qui ont été réalisées par la suite et qui se basèrent sur les données relatives aux premières années de la zone euro constatèrent généralement que le commerce bilatéral entre les pays-membres de la zone euro s’est certes accru suit à l’adoption de la monnaie unique, mais bien moins amplement que ne le suggéraient les travaux de Rose. Par exemple, Richard Baldwin (2006) estime qu’une devise commune n’accroît les échanges que de 30 %. Jeffrey Frankel (2010) suggère une hausse de 15 % sur les cinq premières années. En utilisant les données relatives aux exportations des entreprises françaises, Antoine Berthou et Lionel Fontagné (2012) ne constatent qu’une hausse de 5 % des exportations françaises.

Les plus récentes estimations de l’impact de l’euro sur les niveaux de vie ne partagent pas non plus l’optimisme des études qui ont été réalisées avant la création de la monnaie unique. A partir de données postérieures à 1980, Leigh Drake et Terence Mills (2010) ont décomposé le PIB de la zone euro en composantes conjoncturelle et tendancielle avant et après le lancement de l’euro. La trajectoire tendancielle du PIB qu’ils obtiennent suggère que l’adoption de l’euro a réduit le taux de croissance tendanciel des économies de la zone euro, aussi bien ex ante, durant la phase de convergence nominale de Maastricht, qu’ex post, sur la période s’écoulant entre 2001 et 2006. 

Cristina Fernández et Pilar García Perea (2015) se sont demandé ce qu’aurait été le PIB par tête de la zone euro et de chacun de ses pays-membres si ces derniers n’avaient pas adopté la monnaie unique. Pour cela, ils utilisent une méthodologie de contrôle synthétique. Ils confirment que l’euro n’a pas entraîné l’accélération permanente de la croissance attendue par ses promoteurs. Durant les premières années de l’union monétaire, le PIB par tête de l’ensemble de la zone euro s’est accru plus rapidement que sa valeur contrefactuelle, mais depuis le milieu des années deux mille ces gains ont complètement été éliminés. Fernández et García Perea mettent en évidence des dynamiques très hétérogènes au niveau des pays. Les pays d’Europe centrale, en l’occurrence l’Allemagne, les Pays-Bas et l’Autriche, n’ont tiré ni gains, ni pertes, de l’adoption de l’euro. L’Irlande, l’Espagne et la Grèce ont enregistré des gains positifs significatifs, mais seulement durant les premières années de l’euro. Enfin, dès l’introduction de l’euro, l’Italie, le Portugal et la Belgique ont très rapidement pris du retard. En effet, leur niveau de vie a suivi une trajectoire inférieure à celle qu’il suit dans le scénario contrefactuelle ; il aurait augmenté plus rapidement si l’Italie et le Portugal n’avaient pas adopté l’euro.

 

Références

BALDWIN, Richard (2006), « The euro’s trade effects », BCE, working paper, n° 594.

BERTHOU, Antoine, & Lionel FONTAGNE (2008), « Les effets de l’introduction de l’euro sur les exportateurs français : une analyse sur données individuelles », in CAE, Performances à l'exportation de la France et de l'Allemagne.

FERNANDEZ, Cristina, & Pilar GARCIA PEREA (2015), « The impact of the euro on euro area GDP per capita », Banque d’Espagne, documento de trabajo, n° 1530. 

DRAKE, Leigh, & Terence C. MILLS (2010), « Trends and cycles in Euro area real GDP », in Applied Economics, vol. 42, n° 11

FRANKEL, Jeffrey A. (2008), « The estimated effects of the euro on trade: Why are they below historical effects of monetary unions among smaller countries? », NBER, working paper, n° 14542.

GLICK, Reuven, & Andrew K. ROSE (2001), « Does a currency union affect trade? The time series evidence », NBER, working paper, n° 8396.

ROSE, Andrew (2000), « One money, one market: The effect of common currencies on trade », in Economic Policy, vol. 15, n° 30.

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14 janvier 2016 4 14 /01 /janvier /2016 14:31

 

Au cours des deux dernières décennies, les pays émergents ont amélioré le cadre de leur politique macroéconomique, réduit leurs niveaux de dette et d’inflation, diversifié leur production et leurs exportations et resserré les liens financiers et commerciaux avec le reste du monde. Au début des années deux mille, ils connurent un rythme de croissance qu’ils n’avaient plus atteint depuis les années quatre-vingt, notamment grâce à la hausse des prix des matières premières et l’expansion rapide des échanges internationaux. Ils devinrent même le moteur de la croissance mondiale au cours de cette période : ils contribuèrent à 52 % et à 60 % de la croissance mondiale, respectivement à la veille de la crise financière mondiale et en 2010 [Didier et alii, 2016]. Ils rebondirent rapidement suite à la crise, notamment parce qu’ils purent profiter des marges de manœuvre budgétaire qu’ils eurent acquis au cours des précédentes années. En Chine, le gouvernement et la banque centrale assouplirent puissamment leurs politiques conjoncturelles lors de la Grande Récession, ce qui permit non seulement de stimuler la croissance domestique, mais aussi de pousser les prix des matières premières à la hausse, donc de soutenir l’activité des pays qui en sont exportateurs [Buysse et Vincent, 2015]. En conséquence, la part des pays émergents dans le PIB mondial a fortement augmenté : ils contribuaient à 34 % du PIB mondial en 2014, soit 1,5 fois plus qu’en 1980. La part du commerce mondial réalisée par les pays émergents doubla entre 1994 et 2014, passant de 16 % à 32 %. Puisque l’activité des pays émergents sembla moins sensible aux dynamiques à l’œuvre dans les pays avancés, certains ont pu suggérer qu’un véritable découplage s’était opéré entre les deux ensembles d’économies.

Malheureusement, depuis 2010, les pays émergents connaissent un ralentissement de leur croissance économique. En 2014, leur croissance s’éleva à 4,5 %, contre 7,6 % en 2010 [Didier et alii, 2016]. La croissance observée en 2014 a même été en deçà du rythme moyen qu’elle attint entre 1990 et 2008. L’écart de croissance entre les pays avancés et les pays émergents a notamment atteint son plus faible niveau depuis le début des années deux mille : il s’éleva à 2 points de pourcentage en 2015, contre une moyenne de 4,8 points de pourcentage entre 2003 et 2008 (cf. graphique 1). Pour Kristel Buysse et Evelien Vincent (2015), le point tournant a été la décision du gouvernement chinois de retirer son programme de relance, alors même que la demande ne semblait pas avoir retrouvé son niveau d’avant-crise dans les pays avancés. Pour autant, à la différence des précédents épisodes, le ralentissement ne semble pas avoir été amorcé par un quelconque événement : la crise asiatique, l’éclatement de la bulle internet et la crise financière mondiale avaient en effet été à l’origine du ralentissement de la croissance dans les pays émergents, respectivement en 1998, en 2001 et en 2007.

GRAPHIQUE 1  Ecart de croissance entre les pays développés et les pays émergents (en points de %)

 

Ralentissement des pays émergents : une simple mauvaise passe ?

source : Didier et alii (2016)

La question qui agite les économistes est si ce ralentissement est essentiellement structurel ou conjoncturel ; s’il est essentiellement structurel, il risquerait d’être durable. Pour le déterminer, Tatiana Didier, Ayhan Kose, Franziska Ohnsorge et Lei Ye (2016) ont analysé plus en détails les caractéristiques et les causes de ce ralentissement. Ils confirment que le ralentissement a été inhabituellement synchronisé et prolongé. Il a affecté de nombreux pays émergents et notamment les plus grands d’entre eux : en 2015, l’Afrique du Sud, la Chine et la Russie voyaient leur croissance ralentir, pour la troisième année consécutive. Si toutes les régions du monde en ont été affectées, ce sont l’Amérique latine et les Caraïbes qui en furent les plus touchées. Alors que ce ralentissement s’est produit dans un environnement externe, certes affaibli, mais pas turbulent, son ampleur est comparable à celle des précédents épisodes de turbulences mondiales. En 2014, le nombre de pays émergents qui voyaient leur croissance ralentir depuis au moins trois ans a atteint des niveaux proches à ceux observés lors de la crise financière mondiale de 2008-2009. Ce ralentissement de la croissance a été synchrone avec des révisions à la baisse répétées des prévisions de croissance pour les pays émergents. Les prévisions de croissance pour 2015 sont légèrement inférieures à 4 %, alors qu’elles s’élevaient à 7,6 % en 2010. Lorsque l’on observe les composantes de la croissance du point de vue de la demande, il apparaît qu’elles ont toutes décliné. Les taux de croissance de l’investissement et des exportations ont connu de très fortes baisses : ils ont été divisés par plus de deux par rapport à leur moyenne sur la période 2003-2008. La consommation privée et la consommation publique ont décliné plus modestement.

GRAPHIQUE 2  Contributions respectives des facteurs externes et domestiques dans la croissance des émergents (en points de %)

Ralentissement des pays émergents : une simple mauvaise passe ?

source : Didier et alii (2016)

La nature synchronisée du ralentissement de la croissance dans l’ensemble des pays émergents suggère que des facteurs communs sont à l’œuvre. Le ralentissement de la croissance des pays émergents a initialement été provoqué par des facteurs externes, mais les facteurs domestiques y contribuent également de plus en plus depuis 2014 (cf. graphique 2). La faiblesse du commerce mondiale, la faiblesse des prix des matières premières et le resserrement des conditions financières sont les principaux facteurs externes qui contribuent à ralentir la croissance depuis 2011 ; or le ralentissement même de la croissance des émergents contribue en retour à freiner les prix des matières premières et les échanges mondiaux.

GRAPHIQUE 3  Croissance observée et croissance potentielle des pays émergents (en points de %)

Ralentissement des pays émergents : une simple mauvaise passe ?

source : Didier et alii (2016)

Les facteurs domestiques qui contribuent également à freiner la croissance des émergents incluent le fort ralentissement de la croissance de la productivité, une hausse de l’incertitude autour des politiques économiques et une érosion des marges de manœuvre des politiques monétaire et budgétaire qui empêchent ces dernières de pleinement soutenir l’activité. Afin de distinguer entre les causes structurelles et les causes conjoncturelles derrière ce ralentissement, Didier et alii estiment la croissance potentielle des pays émergents (cf. graphique 3). Ils constatent que cette dernière a effectivement décéléré et que son ralentissement contribue à environ la moitié du ralentissement de la croissance observé entre 2010 et 2014. Cependant, le degré auquel les facteurs structurels contribuent au ralentissement varie fortement d’un pays à l’autre. L’essentiel du déclin de la croissance potentielle résulte du ralentissement de la croissance de la productivité. Le ralentissement de la croissance démographique et le vieillissement de la population ont joué un rôle important dans le ralentissement de la croissance potentielle en freinant l’« accumulation » de facteur travail et la croissance de sa productivité.

 

Références

BUYSSE, Kristel, & Evelien VINCENT (2015), « Factors explaining emerging economies’ growth slowdown », in Banque nationale de Belgique, Economic Review, septembre.

DIDIER, Tatiana, M Ayhan KOSE, Franziska OHNSORGE & Lei (Sandy) YE (2016), « Slowdown in emerging markets: rough patch or prolonged weakness? », CAMA, working paper, n° 01/2016.

KOSE, M. Ayhan, Franziska OHNSORGE, Lei (Sandy) YE (2016), « Emerging markets at a crossroads », in voxEU.org, 7 janvier.

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