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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 12:13

Il est bien connu que la distribution du patrimoine est fortement asymétrique, en l’occurrence fortement concentrée sur les ménages les plus aisés. Par exemple, aux Etats-Unis, il est régulièrement avancé que les 5 % des ménages les plus aisés possèderaient 60 % du patrimoine national, tandis que le 1 % des ménages les plus aisés possèderaient 30 % du patrimoine. Jusqu’à récemment, moins d’études ont cherché à estimer la répartition du patrimoine au sein des pays européens. Pourtant la répartition du patrimoine tient une place centrale dans le débat public : les autorités publiques peuvent chercher à réduire les inégalités de richesse dans un souci de justice sociale. En outre, les études se sont récemment multipliées pour montrer que les inégalités sont susceptibles de freiner la croissance économique.

Une manière de mesurer le patrimoine des ménages est d’interroger directement ces derniers sur les actifs qu’ils possèdent et les dettes qu’ils ont contractées via des enquêtes. La Survey of Consumer Finances (SCF) menée par la Fed est utilisée pour rendre compte de la répartition du patrimoine aux Etats-Unis. De leur côté, la BCE, l’Eurosystème et plusieurs institutions de comptabilité nationale européennes mènent l’enquête sur le patrimoine et la consommation des ménages (Household Finance and Consumption Survey, HFCS) pour évaluer la répartition du patrimoine en zone euro. Ces sondages souffrent toutefois de non-réponses et de non réponses différentielles : les ménages peuvent ne pas participer à l’enquête en raison de leur absence, de leur  manque de temps, du refus de révéler des informations sensibles, etc. Il semble que les ménages les plus aisés tendent à présenter les taux de non réponse plus élevés. Or, si les ménages qui ne répondent pas à l’enquête ont systématiquement un patrimoine plus important que les autres, la part de la richesse nationale détenue par les plus aisés pourrait être particulièrement sous-estimée. 

Pour déterminer plus précisément la part du patrimoine national que détiennent les 1 % et les 5 % des ménages les plus aisés, Philip Vermeulen (2014) a combiné les données issues de la HFCS et de la SCF avec les données sur les milliardaires du magazine Forbes. Puisque plusieurs études ont suggéré que la répartition du patrimoine parmi les plus aisés correspondait assez bien à une distribution de Pareto, l’auteur cherche à déterminer cette dernière. Il fournit alors de nouvelles estimations du patrimoine détenu par les plus aisés.

On pensait précédemment que la part du revenu national détenue par les 1 % des ménages les plus aisés s’élevait à 24 % en Allemagne, à 23 % en Autriche, à 12 % en Belgique, 34 % aux Etats-Unis, à 18 % en France, à 14 % en Italie, à 9 % aux Pays-Bas. En fait, selon l’auteur, ces chiffres sous-estiment plus ou moins fortement les inégalités : les 1 % des ménages les plus aisés possèderaient 33 % du patrimoine national en Allemagne, 17 % en Belgique, entre 35 et 37 % aux Etats-Unis, entre 19 et 20 % en France, 21 % en Italie et entre 12 et 17 % aux Pays-Bas.

 

Référence

VERMEULEN, Philip (2014), « How fat is the top tail of the wealth distribution? », Banque Centrale Européenne, working paper, 14 juillet.

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